Connect with us

Economie

La vérité sur le Franc CFA et les vrais défis du continent

Publié il y a

on

le franc cfa

Je m’invite dans le débat de la suppression ou du statut quo de la monnaie commune à quinze pays africains qu’est le franc CFA. En effet, cette question ne date pas d’aujourd’hui, elle a été toujours agitée mais ces derniers temps elle a pris énormément de l’ampleur. Et c’est vrai que c’est un sujet passionnant mais nous pensons qu’il s’avère nécessaire de le traiter avec plus de rigueur morale et intellectuelle et donc sans passions comme il est souvent le cas malheureusement en Afrique.
Au-delà de ce sujet préoccupant, relatif au maintien ou au changement de monnaie, nous pensons très sincèrement que le véritable enjeu d’aujourd’hui pour les Etats africains est véritablement ailleurs. Autrement dit, changer de monnaie parce que tout simplement c’est une monnaie léguée par la puissante coloniale, au nom de la souveraineté et de l’indépendance… ce n’est pas avoir une approche et une lecture qui sont fondées sur des bases objectives.
Les défis actuels pour le continent, sont nombreux et il faudra pour atteindre l’émergence et le progrès économique et social du continent passer nécessairement par des étapes. Autrement, battre sa propre monnaie n’est pas une fin en soi, nous devons relever d’autres défis majeurs avant de songer à créer une monnaie typiquement africaine. D’ailleurs, nous devons garder à l’esprit que la majeure partie des pays africains ont leurs propres monnaies et ont donc fait le choix de l’indépendance monétaire mais en fin de compte cela n’a pas véritablement changé grand choses …en tout cas pour la plupart d’entre eux.
En réalité, toutes les critiques faites contre le Franc CFA ne sont pas totalement fondées encore moins recevables et ce pour plusieurs raisons :
Le Franc CFA est une monnaie africaine :
Rappelons que le franc CFA est un symbole d’intégration, c’est une monnaie commune à 15 pays africains. Beaucoup de ses pourfendeurs ne maitrisent pas les questions monétaires et peuvent influencer l’opinion par des discours négatifs; c’est pour cela L. Zinsou (Ndlr ancien PM du Bénin et banquier d’affaires de renom) disait récemment avec humour que même les populistes se sont invités dans le débat  est une preuve parfaite de ce sentiment anti-impérialiste qui entoure cette question, d’autant que les partisans du rejet en plus de défendre l’identité africaine  soutiennent la thèse du retour au colonialisme ou encore la perpétuation de la France Afrique.
Contrairement aux idées reçues … le Franc CFA est une monnaie africaine, gérée par des africains, et il faut arrêter de voir les relations entre la France et les pays de la zone CFA comme celles d’un colonisateur avec ses colonisés. Les africains ne devraient plus nourrir ce genre de complexe. De même, il ne faut pas confondre la gestion de la monnaie et celle des accords de coopération entre la zone franc CFA et la France. La France assure la convertibilité illimitée du Franc CFA.  En contrepartie, une partie de 50% des réserves de change des banques centrale de la zone franc est déposée sur un compte auprès du Trésor français. Il est vrai que la France cherchera à assurer que les mécanismes mis en place dans ce cadre sont respectés. Dans le même temps, avec les nouvelles dispositions conférant à la banque plus d’autonomie en matière de politique économique et monétaire centrale vers la fin des années 90 et début 2 000, les africains commencent de plus en plus à gérer leur monnaie de manière à permettre à ce que leurs économies prospèrent. Et c’est le cas lorsqu’il s’agit de réviser les termes de la coopération dans la gestion des réserves de change notamment avec le yuan pour estimer les répercussions sur la gestion du compte d’opérations. Tout cela pour dire que les accords qui lient les pays de la zone franc et l’hexagone sont évolutifs contrairement à ce que prétendent certains détracteurs.
Par exemple, la suppression des concours monétaires directs aux Etats est une décision souveraine du Conseils de ministres des Etats de l’UEMOA avec la mise en place en 2012 de l’Agence UMOA Titres-un marché de la dette dont le but est d’aider les Etats africains à mobiliser les ressources sur le marché financier régional et international. C’est dans le même cadre qu’a été créé un fonds de stabilité financière ayant pour mission d’intervenir en lieu et place d’un Etat lorsque celui-ci connait momentanément des difficultés et ne peut honorer ses engagements. Aujourd’hui ce marché de la dette est très actif, et les ressources que les Etats en tirent sont trois à quatre fois plus importantes à ce que la BCEAO aurait pu leurs donner sous formes d’avances.
A l’heure actuelle, l’on constante une tendance nette de l’indépendance de la banque centrale vis- vis de la Banque de France, c’est-à-dire du renforcement du pouvoir monétaire de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest ; cette dernière est, selon les textes qui la régissent (traité de l’UMOA et statuts de la Banque Centrale), sous la dépendance des États. En effet c’est le Conseil des Ministres des Finances de l’UMOA qui « définit la politique monétaire et de crédit de l’Union », la Conférence des chefs d’État devant trancher les questions qui n’auraient pas trouvé de solution par accord unanime du Conseil des Ministres. Le Conseil d’Administration de la BCEAO  Cf. articles 49 et 52 des statuts de la BCEAO et article 10…  qui met en œuvre la politique monétaire « dans le cadre des directives du Conseil des Ministres » est composé d’administrateurs nommés par les gouvernements des États participant à la gestion de la Banque (c’est-à-dire les États de l’UMOA ainsi que la France), chacun d’eux désignant deux représentants. La présence au Conseil d’Administration de la BCEAO de représentants du gouvernement français s’explique par l’appartenance des États de l’UMOA à la zone franc.
En effet, tout en jouant en matière de politique monétaire un rôle de conseil à l’égard des États africains et d’information du gouvernement français, ils veillent au respect des engagements pris par les États dans l’accord de coopération qui les lie à la France et qui s’imposeront à la BCEAO même une fois devenue indépendante. Depuis 1973, ces engagements ne sont plus, en cas de niveau faible ou négatif des réserves, des mesures automatiques de restriction monétaire, mais demeurent l’approvisionnement du compte d’opérations par prélèvement sur les disponibilités en devises placées ailleurs, par usage des droits de tirage sur le FMI et enfin « ratissage des devises des banques commerciales et établissements publics de l’union ». De plus, rappelons que, depuis que la France participe à l’Union Monétaire Européenne, elle a un devoir d’information des instances européennes sur la gestion monétaire dans les pays appartenant à la zone franc. Dans la fonction qui leur est assignée, les représentants français doivent logiquement recevoir des instructions du gouvernement français. Leur position extrêmement minoritaire et leur rôle d’observateurs et de conseillers ne paraissent pas incompatibles avec un statut d’indépendance de la BCEAO comme le serait à l’inverse une position dominante.
Sous ce rapport, il serait cependant inexact d’en déduire que la BCEAO « est totalement sous la coupole du gouvernement français. »
D’ailleurs, de nos jours la véritable actualité devrait être les réformes qui ont été initiées pour que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest devienne plus indépendante du pouvoir politique, ainsi que des dispositions qui ont être modifiées de manière à répondre aux critères qui caractérisent les grandes banques centrales indépendantes du reste du monde.

La convertibilité, les fameuses réserves de change et le régime de change : C’est sans doute le point le plus clivant dans le débat sur le Franc CFA : les comptes d’opérations ouverts par la BCEAO et la BEAC auprès du Trésor français pour y déposer une partie de (50%) de leurs réserves de change en partie de la convertibilité de la monnaie.
D’après les détracteurs de cette dernière, il s’agit là de précieuses ressources financières (estimées à 13 000 milliards de FCFA – plus de 19 milliards d’euros – fin 2015) dont se privent les économies de la zone. Et qu’elles pourraient investir pour financer leur croissance. D’après une source à la BEAC, cette critique est la preuve même de l’ignorance qui entoure le fonctionnement de ce système monétaire.
L’économiste Malamine Mohamed confirme : « Les réserves de change détenues par la BCEAO et la BEAC ont en réalité déjà été injectées dans les économies de la zone en équivalent franc CFA.
Concrètement, lorsqu’une société résidant au sein de l’UEMOA ou de la Cemac rapatrie des recettes d’exportations vers sa banque, celle-ci cède les devises à la BCEAO ou à la BEAC. Ces dernières les logent dans un compte extérieur et créditent ensuite le compte de cette banque tenu en franc FCFA. »
C’est exactement la même chose qui se produit lorsqu’un État bénéficie d’un concours extérieur : « Le bailleur cède les devises à la BCEAO ou à la BEAC, qui à leur tour versent la contre-valeur en franc CFA au dit État. » En réalité, quand les pourfendeurs du franc CFA demandent aux banques centrales d’utiliser ses réserves, ils attendent d’elles qu’elles fassent tourner la planche à billets. (Sources : J.A N°).
Etant donné que les réserves de change sont obligatoirement conservées à l’extérieur des pays afin de permette le financement de leurs transactions extérieurs par la banque centrale et par conséquent ce serait un non-sens économique de réinjecter une seconde fois la contrepartie de ces fonds dans l’économie.
Alors que la Chine, et l’Inde s’imposent de plus en plus comme des partenaires à part entière de l’Afrique, d’aucuns estiment qu’il est temps d’apporter une certaine dose de flexibilité à la politique de change du Franc CFA, tout en arrimant la monnaie à un panier de devises, tels que le yuan.
Selon les statistiques officielles sur le commerce extérieur des pays de la zone franc, la structure géographique des échanges extérieurs de la zone est dominée par l’Europe avec une part de 44% des échanges en 2015, contre 9% pour la Chine, 5% chacun pour les Etats Unis et l’Inde et moins de 2% pour le Japon.
Il faut aussi rappeler que les États de la zone franc ne sont pas les seuls du monde à avoir des régimes de change fixe.
Selon le rapport annuel du FMI sur les régimes et les restrictions de change, publié en octobre 2015, 69 pays l’ont aussi adopté, tandis que 65 États ont opté pour un régime de change flexible. Chaque pays choisit le modèle qui lui convient le mieux en fonction de ses contraintes.
C’est ainsi que dans les pays à régime de change flottant, la politique monétaire de la plupart des banques centrales se focalise essentiellement sur la lutte contre l’inflation. Cette politique se résume globalement à la fixation d’un niveau de taux d’intérêt favorable à l’économie. C’est pour cela que, sur le plan international, les investisseurs sont très attentifs aux annonces périodiques de la FED, de la BCE ou de la Banque du Japon concernant les baisses ou les hausses de taux, pour savoir qu’elle sera l’évolution des économies des économies concernées.
Dans les pays de la zone franc, les taux d’intérêt n’évoluent pas au même rythme que dans les pays développés. Une politique de relance économique par la monnaie dans de petites économies en développement passe essentiellement par une dépréciation du taux de change réel. C’est pourquoi un régime de change fixe est sans doute, dans les pays en développement plus encore que dans les économies industrialisées, un facteur de crédibilité de la politique de stabilité monétaire
Le Franc CFA permet de traverser les crises et contribue aux bonnes performances économiques des pays
Si on suit la vie économique d’une zone comme l’UEMOA, on constate des évolutions importantes dans ces pays qui ont tous renoué avec la croissance après des efforts importants pour assainir leur cadre macroéconomique. Son taux de croissance est actuellement le plus fort en Afrique. En effet, l’Union a vu son PIB augmenter de 7% en 2016, ce qui représente l’une des fortes progressions en Afrique, après avoir enregistré en 2012 et 2015 un taux de croissance de 6,5% en moyenne.
Le Franc CFA reste une monnaie stable et prisée dans la sous-région et emporte l’adhésion des populations et des opérateurs économiques.
Les critiques sur la monnaie son rarement appuyées par des études scientifiques crédibles, ne sont pas une raison suffisante pour faire évoluer le dispositif monétaire actuel. Des réformes importantes ont régulièrement été réalisées dans la zone UEMOA afin de moderniser et d’adapter les instruments et la gestion de la politique monétaire aux besoins de nos économies en pleine mutation.
Si évolution il devait y avoir, celle-ci serait commandée par les besoins des économies dans leur quête de transformation structurelle et d’émergence. Et les réformes seraient déterminées par des études d’impact. Rien n’est jamais fait au hasard. Il ne faut pas oublier que l’UEMOA, ce n’est pas un pays et une monnaie, mais huit pays de niveaux économiques différents qui partagent une même devise.
Ce dispositif monétaire unique en son genre est un bel exemple d’intégration, mérite d’être conservé conformément aux vœux des fondateurs, dont l’un des objectifs consiste en la mise en place d’une zone de solidarité en mettant en place un pool commun de devises permettant à chacun des pays membres d’effectuer ses opérations, sans tenir compte de son apport éventuel-ce qui est rare aujourd’hui dans un monde de plus en plus égoïste.
Les fondateurs de cette zone ont jugé nécessaire d’avoir une monnaie stable et convertible indispensable à une croissance durable, d’où les accords de coopération monétaires signés avec la France. Cette architecture a permis aux économies de l’Union de traverser sans dommage irrémédiables toutes les crises sociopolitiques et économiques.
Concernant les critiques sur la politique monétaire, notamment l’objectif d’une inflation à 2% jugée trop restrictif pour des économies en développement et pénalisant pour le développement du crédit…
Les études réalisées dans la zone et dans beaucoup de régions du monde ont prouvé plus l’inflation est élevée, plus les crédits sont chers et plus les projets à rentabilité faible sont pénalisés. Le taux d’inflation soutenable peut aller jusqu’à 3%- elle n’a pas d’impact négatif sur la croissance. C’est la raison pour laquelle le comité de pilotage monétaire de la BCEAO a fixé une cible d’inflation de 2% avec une marge plus ou moins de 3%.  Le consensus est que le maintien d’un taux d’inflation faible et stable contribue à créer un environnement macroéconomique favorable à l’’investissement et à la croissance. Il permet aussi d’attirer plus facilement les capitaux extérieurs et préserve la compétitivité ainsi que le pouvoir d’achat des populations. Les agents économiques sont donc incités à investir et à consommer davantage. Par conséquent, la demande de crédit se développe. Il est bon de rappeler que l’histoire des faits économiques nous enseigne également qu’il est illusoire de penser que l’on peut laisser l’inflation se développer et l’arrêter lorsqu’elle aura atteint un seuil jugé approprié. L’inflation est un processus cumulatif. Et ne perdons jamais de vue que c’est un impôt qui frappe surtout les plus pauvres.
Cela dit, les critiques-que je respecte à l’égard de ces accords de coopération monétaire, ne doivent pas occulter la réalité économique de nos pays. Les priorités de nos économies sont ailleurs :
Accélérer le processus d’intégration économique de la CDEAO, le développement du commerce intra-africain
Dans un contexte international caractérisé par la mondialisation, la loi du talion semble être la voie la mieux indiquée à tort ou à raison… Dès lors les espaces communautaires, c’est-à-dire les grands ensembles économiques et les grandes économies seront les seuls à dicter leurs lois dans l´économie mondiale. Face à cette situation guère reluisante pour nos économies déjà fragiles, il s´avère nécessaire voire indispensable que les pays membres de la Communauté Economique des Etats de l´Afrique de l´Ouest convergent leurs efforts pour la création d´un marché unique régional.
Déjà, [l’entrée en vigueur du tarif extérieur commun [TEC] est un grand pas vers la mise en place d’un marché commun]url:http://www.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/20314-integration-lafrique-de-louest-franchit-une-etape-decisive.html  qui reste, sur le plan économique, l’objectif définitif de la Cedeao. Le TEC souligne la volonté des États de constituer un espace unifié et économiquement homogène.
A ce propos, le marché unique peut se définir comme étant « un espace géographique où les populations peuvent acheter et vendre librement des biens et des services, sans payer de droits de douane. C’est également la suppression totale des taxes douanières entre les différents pays appartenant à une union économique dans laquelle la fluidité de la circulation des personnes, de leurs biens et des services est assurée, sans contraintes majeures ».
En plus de son influence directe sur les échanges commerciaux, l’intégration régionale a des effets sur la croissance économique, on les appelle généralement « les effets dynamiques ». Ces effets sont de plusieurs sortes mais tous contribuent (ou plutôt devraient contribuer) à accélérer le taux de croissance.
Parmi ces effets, il ya d’abord l’augmentation de la concurrence que l’ouverture sur l’extérieur suscite et qui devrait inciter les entreprises et opérateurs économiques à améliorer leur productivité et diminuer leurs prix de vente, et donc d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages. De plus, le marché élargi à la sous-région incite les investissements privés. De même on s’attend généralement à ce que la création d’un espace économique intégré, attire de nouveaux investissements étrangers, qui à leur tour peuvent se traduire par des transferts de technologies et de compétences (effets induits des investissements directs étrangers), deux facteurs cruciaux pour la croissance économique à plus long terme.
Il convient également de tenir compte de l’impact positif que peuvent exercer la monnaie commune et la stabilité monétaire sur les investissements publics et privés et la croissance économique des pays de l’UEMOA. On peut en effet s’attendre à ce que l’amélioration et l’harmonisation des politiques budgétaires, suite à l’application des programmes de convergence, les rendre plus crédibles, impulsant ainsi, un dynamisme de croissance à plus long terme.
S’agissant du commerce intra-africain, l’Afrique est le continent le moins connecté en termes de facilité de déplacement des personnes, de commerce, d’information et de finance, ce qui constitue un facteur défavorable aux échanges commerciaux intra-africains pourtant essentiels pour stimuler les économies du continent. Il en résulte que les pays africains devraient donc consacrer une partie de leurs efforts au développement de la connectivité sur le continent et à la mise en place de relations commerciales. Lorsque l’on compare les statistiques du commerce intra-régional, les taux prévalant en Afrique sont parmi les plus faibles du monde, avec moins de 20 % de la production régionale restant précisément dans la région. Cela signifie que plus de 80 % de ce qui est produit en Afrique est exporté, principalement vers l’Union européenne, la Chine et les États-Unis. À titre de comparaison, 60 % des échanges européens s’effectuent sur le continent même, tandis que ce taux s’établit à 40 % pour l’Amérique du Nord, l’un des plus grands défis que la région devra relever pour mettre pleinement en valeur le potentiel commercial qu’elle recèle réside dans le développement insuffisant de ses infrastructures. Raison pour laquelle, les coûts de la chaîne logistique sont estimés être jusqu’à neuf fois plus élevés en Afrique que dans d’autres régions du monde. Au final, cela pèse lourdement sur la croissance économique africaine.
Et là il faut se féliciter de l’engagement pris par un éminent acteur du secteur privé africain, qui a posé un acte fort significatif pour le développement du commerce inter africain. En prenant des participations importantes au capital de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), -environ 1 milliard de dollars, Aliko DANGOTE pour ne pas le nommer a bien compris les enjeux plus que les Etats en investissant dans les infrastructures-un secteur réputé être un domaine régalien de l’Etat afin de développer la chaîne d’approvisionnement à travers l’Afrique, sans laquelle point de croissance des PME et de création d’emplois.

En clair, lorsqu’on se fonde sur l’évolution de l’économie mondiale au cours de ces dix dernières années et sur la situation économique des pays africains, particulièrement ceux de la zone franc, il apparaît qu’il y a plus d’avantages à conserver le franc CFA qu’à l’abandonner, même si des ajustements peuvent se révéler nécessaires.
Dans un monde en pleine turbulence, où les modèles économiques classiques ont pour la plupart montré leurs limites, la zone CFA a fait preuve d’une certaine résilience et d’une certaine stabilité à mettre à l’actif des accords économiques et monétaires actuels qui obligent à une certaine discipline budgétaire.
En outre, si la perspective d’une monnaie unique au sein de la CEDEAO est envisagée au travers de l’adhésion à l’UEMOA de nouveaux États tels que le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée, voire le Ghana, il serait dommage sous le prétexte d’une pseudo ingérence de la France dans nos économies, d’abandonner le franc F CFA au détriment de la realpolitik ce qui constitue un grand gâchis et un éternel recommencement et  sans  fin d’un continent dont un  certains élites un peu  revanchards ne savent pas faire la part des choses et donc sont pressés d’en découdre avec les anciens colonisateurs pour défendre disent-ils une certaine souveraineté…
Nous devons savoir raison garder et nous concentrer sur les véritables enjeux et surtout méditer les exemples de peuples autant valeureux… je veux parler du Japon qui au lendemain de la seconde guerre mondiale après avoir subi l’humiliation de la capitulation, s’est vu contraindre d’accepter la présence de soldats américains sur son sol, et d’apprendre à faire avec…
Résultat…, en se concentrant sur la bataille économique, et en s’accommodant de certaines idéologies, le Japon est devenu par la force des choses en moins de trois décennies, une grande puissance économique.

El Hadji Mamadou Demba DIATTA, Doctorant à l’UGB
Email : [email protected]

Economie

Pétrole/Gaz : ‘’Ce qui nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy’’ (Bp)

Publié il y a

on

Par

Kosmos Energy

Le méga projet de Grand Tortue, qui doit faire du Sénégal et de la Mauritanie des producteurs de Gaz dans trois ans, est actuellement en plein développement. C’est du moins ce qu’a annoncé Jonathan Evans, vice-président de Bp exploration chargé des nouveaux projets en Afrique. Celui-ci, dans un entretien accordé à Jeune Afrique et publié  dimanche passé, a fait état de la volonté de Bp d’investir plus d’un milliard de dollars, soit plus de 500 milliards de nos francs. Mais il a aussi a évoqué les raisons qui ont conduit Bp à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue.

Il est ressorti des propos de M. Evans que ‘’le géant Bp qui le pilote entend s’appuyer sur cette nouvelle base africaine pour rattraper ses grands concurrents Shell et Total qui parient comme lui sur une explosion du marché du Gaz naturel liquéfié (Gnl). Après avoir racheté la majorité des parts du projet à l’américain Kosmos Energy en décembre 2016, le découvreur de gisement, la major britannique prévoit d’investir plus de 1 milliard de dollars pour la première phase du projet et plusieurs autres milliards de dollars pour les suivantes, sur une durée d’exploitation de 30 ans. Des sommes énormes en jeu qui alimentent les espoirs et les fantasmes à Dakar et à Nouakchott, où les gouvernements entendent profiter du boom gazier’’.

Celui-ci a appelé les deux pays (Mauritanie/Sénégal) à ‘’aussi éviter la ‘’malédiction des matières premières’’ qui affecte souvent les nouveaux pays producteurs et dont les symptômes sont la dépendance au secteur extractif et à la mauvaise gouvernance’’

Plus de 500 milliards de francs à investir entre le Sénégal et la Mauritanie

Cette région, est selon M. Evans, ‘’amenée à devenir une nouvelle base pour Bp.” D’ici à une dizaine d’années, sa production dépassera celles de nos deux bases africaines historiques : l’Egypte, où nous avons une production importante depuis 55 ans essentiellement gazière aujourd’hui ; et l’Angola, où nous nous sommes installés voici 30 ans, mais dont la production d’huiles décline, car issue de champs vieillissants.

Parlant des raisons qui ont emporté l’adhésion de l’état-major de Bp pour investir plusieurs milliards de dollars dans deux nouveaux pays novices de l’industrie pétrolière, il a évoqué une volonté de créer une sorte d’équilibre dans la répartition de ses productions. ‘’Quand nous avons repris le projet de Grand-Tortue, en décembre 2016 nous étions à la recherche de nouveaux réservoirs de gaz. Bp a pour objectif de parvenir d’ici à 5 ans à une répartition de sa production à 60% gazière et à 40% pétrolière. Nous sommes actuellement au milieu du chemin, avec une production à peu près équivalente en gaz et en pétrole. L’acquisition de l’américain Amoco, au début des années 1990, avait apporté à Bp d’importants actifs gaziers, notamment aux Usa et en Indonésie, mais il nous fallait mettre au jour d’autres gisements. Au début de la décennie 2010, les équipes d’exploration de Bp, dont je fais partie ont donc regardé avec attention des opportunités de développement de production gazière dans les régions mal ou pas explorées, et notamment au Sénégal et en Mauritanie. Cela nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue, recelant 15 Tcf (Trillon cubic feets, milliers de milliards de pieds cubes), une taille remarquable. Nous avons étudié les possibilités autour de cette découverte, repris la majorité des parts entre 2016 et 2017, et nous en pilotons le développement opérationnel aujourd’hui’’.
Lire la suite

Economie

Intelligence Économique au profit de l’Employabilité et de l’Entreprenariat des Jeunes au Sénégal. (Par Dr Thierno THIOUNE)

Publié il y a

on

intelligence économique

Au Sénégal, comme dans la plupart des pays en développement, la désarticulation de l’économie, aggravée par la grande récession qui a récemment frappé les secteurs économiques les plus dynamiques, a eu de profondes répercussions sur le marché du travail. Cette dégradation du marché du travail a accentué l’intérêt d’analyser les répercussions du cycle des affaires sur l’entrée dans la vie active et les trajectoires individuelles, particulièrement des jeunes actifs, notamment ceux des pays comme les nôtres qui se projettent sur la trajectoire de l’émergence. Cependant, les conditions conjoncturelles, ont eu véritablement une sorte « d’effet cicatrice » avec un impact négatif et persistant sur la trajectoire professionnelle des travailleurs notamment des jeunes en âge de travailler.
Même si, faut-il le rappeler, les études menées contribuent à accroître la productivité en permettant d’accumuler davantage le capital humain. En ce sens, le diplôme participe à réduire la probabilité de se retrouver au chômage des jeunes et contribue alors aux renforcements de leurs perspectives de carrière tout en concourant à corriger les effets pervers des déséquilibres conjoncturels du marché du travail. En réalité, le diplôme apparaît comme un « signal » aux yeux des employeurs, attestant de la productivité et constituant pour nous tous un intrant capital dans la réalisation des idées entrepreneuriales. Pour cela, l’ intelligence économique devrait constituer une source intarissable d’opportunité, si elle est intégrée dans la conception des curricula.

Dès lors, il est important de cerner le champ d’application de l’i ntelligence économique à travers la maitrise de l’information, la sécurité des données et l’identification des menaces économiques qui sont au cœur des préoccupations de toutes les organisations notamment les États, les Entreprises et les ONGs, principaux acteurs pourvoyeurs d’emploi. Il s’agit pour les futurs travailleurs diplômés de savoir transformer les informations en connaissances pour atteindre des objectifs spécifiques de la dimension stratégique et collective fondé sur l’intelligence économique.

La problématique, dont il est ici question, demeurant au centre des préoccupations actuelles, essaie d’analyser dans quelle mesure l’ intelligence économique serait-elle un atout à l’employabilité et à l’entreprenariat des Jeunes au Sénégal ?

Apparue aux Etats-Unis, l’intelligence économique, s’est imposée rapidement dans les plus grandes entreprises à travers le monde mais peine à trouver sa place dans les PMEs de nos types de pays où le concept est souvent perçu, à tort, comme abstrait et inaccessible. La notion de « l’intelligence économique » est devenue un élément fondamental de la démarche stratégique même si sa conception moderne ne date que d’une quinzaine d’années. Fort de ce double constat, il doit être fondamentale de mesurer à quel point la vertu de l’intelligence économique doit être pour les autorités étatiques une priorité essentielle, une solution structurelle pour notre avenir commun, un ciment fondamental pour le Sénégal émergent de demain, une réponse aussi pour les jeunes nouveaux diplômés de notre système éducatif qui n’auront plus rien à craindre demain face au marché du travail.

Notre système éducatif supérieur, ayant l’obligation d’intégrer le rôle primordial que joue l’ intelligence économie en matière de développement économique, social et professionnel et particulièrement son atout pour l’entreprenariat en ce qu’elle permet de rendre accessible les connaissances, les partager et les exploiter, devrait s’ouvrir davantage sur le monde socio-économique, partenaire indispensable à la réalisation de l’ensemble des objectifs scientifiques, pédagogiques et professionnels. En effet, le partenariat système éducatif-entreprise devrait s’inscrire davantage dans une mission lui permettant d’être en symbiose avec son environnement économique à travers des passerelles multiples allant des instituts de formation vers les entreprises et inversement.

Plusieurs expériences réussies, de par le monde, ont permis de dynamiser les projets collaboratifs, de rapprocher les entreprises des unités de formation. Développer la relation entre le monde académique et le milieu socioéconomique devrait constituer l’un des objectifs de notre système éducatif afin de renforcer l’employabilité́ des apprenants, de promouvoir l’innovation et de mieux organiser l’insertion des étudiants dans le monde professionnel à travers une multiplicité d’actions mises en place.

En réalité l’accès des jeunes au marché du travail au Sénégal constitue une problématique économique lancinante. La longue succession des échecs des politiques publiques en la matière a remis au-devant de la scène les interrogations sur le rôle positif de l’intelligence économique sur l’employabilité. Dès lors, la maitrise de leur lien constitue une bouée de sauvetage pour les millions de jeunes africains en général qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Seulement, il est important de comprendre que le défi auquel fait face l’employabilité des jeunes au Sénégal, particulièrement, est la capacité de ces derniers à appréhender les contours de l’intelligence économique afin de le mettre au service de l’économie réelle et de la croissance économique. Pour cela les jeunes nouveaux diplômés doivent jouer un rôle majeur en faisant preuve d’ingéniosité pour relever les défis que posent les crises du marché du travail et cela grâce à l’intelligence économique et les pouvoirs stratégiques qu’elle génère profitant et motivant l’entreprenariat.

Dans la marche actuelle du monde, la dynamique entrepreneuriale s’appréhende comme une résultante de la dynamique stratégique de l’intelligence économique intégrant le triptyque : Appropriation – Interprétation – Action. En ce sens, cette triple relation est l’un des aspects les plus développés et l’un des vecteurs les plus performants à côté de la maitrise des techniques d’informations et de la communication pour des innovations entrepreneuriales au profit de l’évolution économique.

Aussi, est-il vrai que des préoccupations demeurent notamment celles sur le lien entre la compréhension de l’intelligence économique et de l’entreprenariat d’une part mais aussi celle de l’accès au financement et de la maitrise des innovations issues des techniques d’information et de la communication. Toutefois, nous pouvons retenir, tout au plus, que l’intelligence économique apparaisse comme une double solution à l’entreprenariat :
Premièrement, les contraintes financières qui, lorsqu’elles sont desserrées, peuvent pousser les jeunes nouveaux diplômés mettant au profit les sources de l’intelligence économique à imaginer de nouvelles modalités de concrétiser leur projet entrepreneurial.
Deuxièmement, les nouvelles opportunités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication pourront inciter les jeunes nouveaux diplômés à innover et penser des start-up innovantes que l’utilisation de l’intelligence économique pourrait simplifier.

C’est dire que la lutte contre le chômage et les crises du marché du travail passent par le renforcement des capacités nationales du pays dans le domaine de l’intelligence économique et par l’utilisation de plateformes les plus appropriées et des technologies les plus favorables.

C’est justement, conscient que le partage des connaissances et des expériences reste la base du progrès de l’homme que je milite pour un système éducatif sénégalais adoptant une approche faisant bénéficier à nos futurs « jeunes diplômés entrepreneurs » d’un stock de connaissances sur l’intelligence économique, de savoir-faire, et ce, en vue de les inciter vers l’entreprenariat car dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons intégrer l’intelligence économique ».
Dr Thierno THIOUNE
Maître de Conférences Titulaire FASEG/UCAD
Directeur des Etudes du CREFDES
Membre du Conseil Scientifique du LARED

Lire la suite

Economie

État des exportations au Sénégal : Ce gap important à combler malgré un rythme de croissance apprécialble

Publié il y a

on

exportations

Le Sénégal, dans le domaine des exportations, entend mettre l’accent sur les opportunités qu’offre son adhésion aux accords commerciaux multilatéraux et régionaux afin de  valoriser le potentiel d’offre et de services.

En effet, la phase 1 du PSE avait ciblé plusieurs secteurs porteurs de croissance dont le développement pourrait contribuer à augmenter nos exportations et réduire le déficit structurel de notre balance des paiements.

C’est à cet égard même qu’il s’est agi pour le gouvernement, de promouvoir l’émergence des secteurs de l’éducation, de la santé, la finance, les services IT, les services BTP, l’externalisation des processus de métiers entre autres… Cela devrait se faire tout en consolidant l’offre des secteurs traditionnels tels que l’agriculture, le tourisme, la pêche, les produits miniers, chimques, etc.
C’est dans cette perspective que le gouvernement du Sénégal s’est assigné l’objectif de “multiplier par trois le niveau des exportations par tête, à l’horizon 2023”. Cependant, “des performances réalisées sont restées mitigées sur la période de mise en oeuvre de la première phase du plan Sénégal émergent”, nous fait-on savoir. Aussi, il est à souligner que durant cette phase, , “les exportations par habitant ont été multipliées par 1,27 passant ainsi de 111 749, 91 Fcfa en 2014 à 142 888,6 Fcfa en 2018. Ce qui montre de toute évidence, “un gap de 1,73 (correspondant à une hausse projetée des exportations de 73% à combler pour l’atteinte de l’objectif ciblé par le PSE”, renseigne le ministère du commerce. Un objectif visé bien entendu dans un contexte où les perspectives du marché international s’annoncent incertaines entre risques de récession en Europe et aux Etats Unis, le ralentissement de la croissance chinoise, les conflits commerciaux, le crise du Brexit, les tensions sécuritaires persistantes au Mali, dans la sous-régions etc…

Selon le ministère du commerce, cette situation, bien qu’apréciable, comparée à la période 2009-2013 où il se situait à 7%, le rythme de croissance des exportations du Sénégal, avec un taux de 9% en moyenne annuelle sur 2014-2018, reste néanmoins encore faible par rapport aux pays de référence, notamment la Côte d’Ivoire et le Maroc car, ces derniers présentent un taux de PIB nettement superieur à 30% contrairement au Sénégal qui affiche 27%. Ces contraintes liées à ce développemnt des exportations sont dues généralement à cette faible pénétration des marchés mondiaux, la faible transformation des produits exportés, l’insuffisance de logustique et du réseau d’infrastructures de commerce.

Il est toutefois attendu avec la mise en œuvre de la 2e phase du plan Sénégal emergent, une diversification et une amélioration de la qualité des produits et services exportés pour amener le taux de marchandises exportés à 45,21% en 2023.

Lire la suite

En Politique

HOTLINE

On en parle