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Société

Nayé Bathily, Bureau des Relations extérieures (Banque mondiale) : Une femme d’influence

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Nayé Bathily, Bureau des Relations extérieures (Banque mondiale) : Une femme d’influence

Responsable des relations avec les parlementaires du monde au sein de la Banque mondiale, Nayé Bathily milite aussi activement pour la condition féminine. Elle revient sur son rôle de terrain en Afrique.

« J’ai débarqué aux États-Unis, sans parler un mot d’anglais, sans connaître personne ». Aujourd’hui, Nayé Bathily compte parmi les cent personnalités africaines les plus importantes (classement NewAfrican 2017). « Je suis une Africaine qui vit en Europe, qui a étudié en Amérique, qui voyage en Asie, qui voyage partout… J’ai été au Brésil récemment. » Naissance à Birmingham (Royaume-uni), enfance à Dakar « dans une famille très militante et engagée » ; son père, le professeur d’université Abdoulaye Bathily, est alors dirigeant d’un parti clandestin de l’opposition sénégalaise, qui ne sera autorisé que dans les années 1980, après l’accession au pouvoir d’Abou Diouf. « Tous les militants de gauche africains déjeunaient, dînaient, dormaient chez nous, raconte-t-elle. La maison était portes ouvertes. »

Très jeune, elle a côtoyé des personnalités politiques de premier plan, de futurs chefs d’État, qu’elle considérait comme ses « aînés » et dont les discussions passionnées ont laissé des traces. « J’étais la petite oreille qui entendait tout ça. On ne s’en rend pas compte, mais en évoluant, on s’aperçoit que ça nous marque. Nos choix de vie, nos engagements éthiques. » Le bac en poche, elle décide de partir étudier aux États-Unis contrairement à tous ses amis qui regardent plutôt du côté de la France. Devenir bilingue lui apparaît comme une nécessité impérieuse. Études de finances et de relations internationales à l’université du Maryland, stage, puis première embauche comme consultante à la Banque mondiale. « J’ai toujours voulu travailler dans le développement, explique-t-elle, parce que quand on vient d’un pays en développement, on a une responsabilité qui est de contribuer en retour. Et la Banque mondiale, il n’y avait pas pour moi de meilleur espace pour contribuer au développement de l’Afrique. »

La préférence au secteur public
Une première expérience qui coïncide avec une évolution notable de l’institution, loin de l’image révolue d’un bailleur de fonds imposant ses volontés aux pays en difficulté. « La banque a beaucoup changé. Ce sont les gouvernements qui décident de ce qu’ils veulent et nous, nous accompagnons. » Une « évolution culturelle » qui épouse le parcours de Nayé Bathily, car elle repart aux États-Unis en 2008, pour compléter sa formation, à Harvard, au sein de la Kennedy School of Government, l’équivalent de l’ENA française, et y préparer un Master of Public Administration. Son cursus initial aurait pu la destiner à une carrière bancaire exclusivement dédiée au secteur privé. Mais sa vocation, elle le sait, est de travailler pour le secteur public. Parmi ses camarades d’études, de futurs acteurs de la transformation du continent africain ou d’autres contrées, qui sont devenus gouverneur de Kaduna au Nigeria ou ministre du gouvernement de la Jamaïque. « Pendant un an et demi, nuit et jour, matin et soir, nous n’avions que des discussions pour savoir comment changer le monde. C’est vraiment là que je me suis forgé cette volonté. Oui, un événement fondamental dans la suite de ma vie, dans tous les choix que j’ai faits. »

Chacune d’entre nous a le devoir de transmettre et d’inspirer ou d’accompagner. Nous avons eu la chance d’accéder à un certain savoir et nous avons en conséquence un devoir de partage et de redistribution.

Un échange fondamental avec les parlements
Depuis trois ans, Nayé Bathily dirige à Paris le département de la Banque mondiale chargé des relations avec les parlements des pays du monde entier qui sollicitent une aide financière. Un rôle méconnu, mais essentiel – ce département a été créé il y a une quinzaine d’années – qui a vu son rôle gagner en importance au fur et à mesure de l’évolution de l’institution vers un meilleur dialogue et un meilleur accompagnement de ses interlocuteurs. Car la Banque a pris conscience que l’aide ne passait plus désormais par les seuls gouvernements. Dans de nombreux pays, les prêts et les opérations de financement conclus avec les institutions internationales doivent être ratifiés par les parlements. « Si nous ne discutons pas avec les parlements, les prêts peuvent être bloqués pendant des mois. Nous avons besoin de les engager, qu’ils comprennent pourquoi le montage est pertinent. Et ils nous donnent leur retour, ils nous disent ce qui est important pour eux. Cet échange est fondamental pour la définition des programmes de développement. » Un travail qui suppose en amont de nombreux séminaires, programmes de formation, réunions, et surtout de visites de terrain organisées pour les décideurs des pays donateurs. Car les financements de la Banque mondiale proviennent des pays riches et sont, là encore, votés par les parlements de ces pays. « J’invite des délégations de parlementaires européens, américains, pour leur montrer ce qu’on fait sur le terrain. » Pour les convaincre que l’aide à l’Afrique n’est pas au détriment de la lutte contre la pauvreté en Europe. « On ne peut même pas parler d’aide, mais de partenariat ! Dans un monde interconnecté, aider l’Afrique, c’est s’aider soi-même. » Et la visite de terrain vaut tous les discours. « Ce qui permet d’agir, c’est ce qu’on voit. Les gens n’agissent et ne vont vers une transformation que quand ils voient les choses. »

L’Afrique bouge !
Sa fibre militante la fait agir plus loin que les seuls horizons de la Banque mondiale. Elle a participé à la création d’un forum dédié aux femmes africaines où chacune est invitée à s’exprimer – « parce que je pense que chacune d’entre nous a le devoir de transmettre et d’inspirer, ou même, plus simplement et modestement, d’accompagner [ainsi qu’un réseau de professionnels de la diaspora], parce que j’estime que nous avons eu la chance d’accéder à un certain savoir et que nous avons en conséquence un devoir de partage et de redistribution ».

Elle croit profondément à l’avenir et au développement de l’Afrique, malgré les obstacles et les défis qui restent à relever. « On a raison d’être impatient, mais on ne voit pas assez qu’il se passe des choses très positives en Afrique. On ne voit pas ce qui se passe à Lagos alors que c’est extraordinaire ! Ça bouge dans tous les sens : l’industrie culturelle, l’industrie financière… Et au Sénégal, au Kenya, l’entrepreneuriat c’est pareil ! Il y a une Afrique à deux vitesses, mais aussi une Afrique jeune qui bouge et qui bouge bien. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis. Ils sont énormes, mais une très belle Afrique est en train d’émerger. »

 

Auteur: African Business – Par Guillaume Weill-Raynal

Société

SÉNÉGAL : Les élections locales auront lieu avant le 28 mars 2021

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élections locales
Les élections départementales et municipales au Sénégal qui étaient initialement prévues le 1er décembre 2019, auront finalement lieu le 28 mars 2021. Ceci intervient après un amendement du Gouvernement du Sénégal sur le projet de loi portant report des élections locales et prorogation du mandat des conseillers départementaux et municipaux.
Le reste du calendrier électoral reste sans changement.
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Société

Kolda : Le triste sort des divorcées, mères célibataires et veuves

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divorcées

À Kolda, une des régions de la verte Casamance, le sort des femmes veuves, mères célibataires, divorcées est peu enviable. Des difficultés de la vie, des problèmes de moyens et une sorte de stigmatisation font qu’elles se sentent vivre dans un monde très fermé. Une situation qui s’explique bien car, elles disent avoir peur de se dévoiler au public. Dakaractu a pu entrer en contact avec quelques-unes de ces femmes. Celles-ci, dans ces lignes qui suivent, ont accepté de se prononcer sur le calvaire quotidien. Ce, pour décrire les difficultés auxquelles elles sont confrontées tous les jours. Un quotidien jonché de difficultés pour les veuves et mères divorcées devant trouver la pitance et nourrir leurs enfants.

‘’J’allais me retrouver dans la prostitution clandestine puisque …’’

B. Seydi, est de ces dames qui ne cachent pas leur situation. ‘’Je suis veuve depuis 10 ans et je me démène comme une diablesse pour subvenir à mes besoins. Mon mari est décédé depuis 2009 en me laissant avec nos 5 enfants. Je n’ai aucun soutien car mon défunt époux était ouvrier. Je fais de petits boulots pour survivre en vendant du poisson et des légumes. Mes enfants, eux, sont encore à l’école, le plus âgé est en classe de troisième. Au début, après mon temps de veuvage, beaucoup d’hommes se sont présentés à moi. Mais, j’ai vu qu’ils n’étaient pas sérieux. Ils voulaient profiter de ma position de faiblesse pour s’amuser. Bien entendu, ce que j’ai catégoriquement refusé. Si je ne croyais pas en Dieu, j’allais me retrouver dans la prostitution clandestine puisqu’une de mes amies a failli m’attirer dans ce business. Nous sommes exposés à d’innombrables tentations. Mais, on résiste à l’appel pour nous ériger en exemple aux yeux de nos enfants’’, a-t-elle confessé.

‘’ Pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants, je suis obligée de …’’

Dans la même zone géographique, A.  M, divorcée, semble chanter le même refrain. Mais son cas est un peu différent, puisque le papa de ses enfants est encore de ce monde. Interrogée, elle confie : ‘’Je suis divorcée depuis 8 ans à cause de mes belles-sœurs qui n’arrêtaient pas d’interférer dans mon ménage. De ce mariage j’ai eu 3 enfants. Aujourd’hui, la vérité est que je joints difficilement les deux bouts. J’ai subi un choc traumatique à cause de cette séparation que je n’arrive pas à digérer. Pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants, je suis obligée de me débrouiller. Malheureusement, les gens ignorent notre situation. Nous souffrons beaucoup en silence. Cela s’explique aussi par le fait que les hommes ne veulent pas se marier avec une divorcée avec enfants à la charge. Ce qui fait que les temps sont réellement durs. D’ailleurs, même mon aîné n’a pas pu continuer ses études. Depuis, notre séparation leur père ne fait plus rien pour eux. Nous voulons que les autorités nous recensent et nous viennent en aide, sinon nous allons tout droit vers la débauche. Et ce, même s’il y a quelques projets intervenant dans le domaine’’, raconte-t-elle.

Ces témoignages de femmes divorcées, veuves ou mère-célibataires sont loin de résumer leur calvaire. Pour preuve, au gré des investigations faites auprès de quelques-unes d’entre elles, il est apparu qu’elles sont trop nombreuses à souffrir en silence, à avaler des couleuvres sans aucune assistance. Ce qui fait qu’elles constituent des proies faciles, des personnes en position de faiblesse qui peuvent être des vecteurs de transmission de maladies sexuellement transmissibles ; impliquées dans le trafic de drogue et dans le grand banditisme.

‘’Que les autorités nous viennent en aide, sinon nous allons tout droit vers la débauche’’

Mère-célibataire, pour sa part, Mme S. quant à elle semble perdre espoir de lendemains meilleurs. Cela, elle l’a clairement dit. ‘’Je suis célibataire et mère de 2 enfants. Le regard de la société et les coups bas m’ont poussé à  adopter un certain comportement. Aujourd’hui, je fume et je bois. D’ailleurs, j’ai même quitté le domicile familial pour m’installer à la périphérie de la ville. J’estime que l’éducation de mes enfants m’importe peu, c’est à leur père de s’en occuper. Aujourd’hui, rien ne me fait plus mal parce que j’ai encaissé trop de coups. Il sera très difficile de revenir en arrière. Je n’ai pas choisi d’avoir cette vie. Je sais que je plairais à n’importe quel homme vu mon allure. Mais, il se trouve que, comme beaucoup de femmes dans ma situation, je souffre en silence. Nous voulons que l’État crée des centres dédiés aux femmes plus particulièrement les divorcées, les mères célibataires, entre autres’’.

Il est bon de signaler que trouver des femmes de ces catégories énumérées prêtes à partager leurs expériences n’a pas été de tout repos. Mais, les rares femmes rencontrées à cette occasion, disent s’être embarquées dans cette situation malgré elles, tandis que certaines estiment avoir fait un choix qui les a conduit à la vie qu’elles mènent aujourd’hui…

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Environement

Assainissement : Le comité de pilotage du projet de la dépollution du Nord de Dakar installé.

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Le projet de la dépollution du Nord de Dakar va toucher plusieurs communes dans le Nord de Dakar. Sous l’égide du ministère de l’eau et de l’assainissement, l’Onas pilote ce projet qui contribue à l’amélioration des conditions sanitaires et environnementales des populations de l’agglomération de Dakar.
Il a été l’occasion, ce matin, de procèder à la mise en place du comité de pilotage en soutien à l’Onas dans la conduite de ce projet qui est hautement stratégique.
Il s’agira de veiller à ce que les difficultés précédemment connues, ne soient plus que de vieux souvenirs. Ce comité aura aussi à veiller sur les éléments d’éclairage qui pourraient être portés à l’attention des autorités pour une bonne prise en chage.
Le gouverneur de Dakar qui a procédé au  lancement de ce comité, a par ailleurs jugé qu’il s’agira en outre de prendre part aux stratégies et initiatives des autorités pour que ce projet soit mené sans difficultés particulières.

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