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Economie

Cheikh Amar : « Ma conviction sur la politique économique du pays »

Cheikh Amar, patron de Holding Amar, incarne, à lui tout seul, le modèle de réussite sénégalais. Parti de rien, ce grand mécène, qui trône aujourd’hui sur des sociétés à milliards, est l’un des plus grands employeurs du pays

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Cheikh Amar : « Ma conviction sur la politique économique du pays »

iGFM – (Dakar) Prononcez son nom au fin fond du Sénégal, on vous dira que c’est l’un des plus grands hommes d’affaires du pays. «Saliou made man», Cheikh Amar, patron de Holding Amar, incarne, à lui tout seul, le modèle de réussite sénégalais. Parti de rien, ce grand mécène, qui trône aujourd’hui sur des sociétés à milliards, est l’un des plus grands employeurs du pays. Mais pourtant, l’homme n’y paraît pas. Modeste comme un talibé, il n’a que deux ambitions dans la vie : travailler pour le développement de son pays et pour Serigne Touba, dont il reste aujourd’hui, l’un des plus grands soldats de sa voie, le Mouridisme. Rencontré hier, à ses bureaux aux Almadies, l’homme s’est confié comme jamais. Lire les vérités d’un Cheikh… en bonne et due forme.

 

Vous avez été désigné par Serigne Cheikh Saliou, comme le «Dieuwrine (responsable des récoltes)» de Khelcom. On n’est à quelques jours de l’événement. Comment le préparez-vous ?

Après le rappel à Dieu de mon vénéré marabout, Serigne Saliou Mbacké Ibn Khadimou Rassoul, j’ai fait allégeance à son fils, Serigne Cheikh Saliou. Tout le monde a entendu ce qu’il a dit. C’est une très grande satisfaction pour moi. Je lui ai dit que je faisais de Khelcom mon affaire personnelle. Il a accepté mon vœu et m’a désigné comme l’unique responsable des récoltes. Maintenant, les récoltes de cette année seront différentes des précédentes. Il y aura beaucoup de changements, parce que la surface cultivée a été revue en hausse. Il y a de nouveaux champs, de nouveaux «daaras (foyers)». Mais, je vais le rappeler, la particularité de Khelcom, c’est que le marabout donne toute la récolte (du mil) aux daaras, mosquées et aux plus démunis. Et il ne fait pas de différence entre les confréries. Tout le monde en bénéficie et parfois, les destinataires ne connaissent même pas la provenance de ce mil. C’est un ‘’adiya’’ fait à Serigne Touba. Mon marabout, le vénéré Serigne Saliou, me disait que le seul regret de sa vie, c’est de n’avoir jamais eu le temps pour cultiver la terre. Et qu’heureusement, lui a eu cette chance. Donc, Khelcom est une chose à pérenniser. Au début, on parlait de déforestation et autres et, à l’époque, c’est Serigne Sidy Makhtar Mbacké, actuel khalife général des Mourides, qui s’était déplacé, en compagnie d’autres personnes, pour faire des prières sur le site. Aujourd’hui, tout le monde a vu ce que Khelcom est devenu. Le site abrite les plus grands champs de l’Afrique de l’Ouest. Et si Dieu nous accorde longue vie, nous serons toujours là pour accompagner le marabout. Nous allons l’accompagner pour que le succès continue d’accompagner les récoltes de Khelcom. Tous ceux qui s’y rendent, ne serait-ce que pour transporter le plus petit morceau de bois ou le plus petit épi de mil, verra une très grande avancée dans sa vie. Cela peut relever du fanatisme pour certains, mais c’est ma conviction. J’en suis le parfait exemple.

 

Vous avez dit que la récolte de cette année sera supérieure à celle des années précédentes. Avez-vous pris des dispositions particulières pour cela ou allez-vous reproduire le même schéma ?

Cette année, nous allons augmenter les cars, les vivres. Il y aura beaucoup de changements et tout le monde le constatera une fois sur place. Chaque champ aura un responsable, mais il faut quelqu’un pour coiffer tout ça.

 

Il y a combien d’hectares à récolter ?

Les dimensions des champs diffèrent. Mais il y a centaines d’hectares à récolter. Cela concerne juste le mil, parce que pour l’arachide, il y a les tracteurs. Nous devrions dépasser les 100 tracteurs pour la récolte de l’arachide.

 

Le marabout a fait un témoignage élogieux à votre endroit, vous avez même versé des larmes…

J’ai cédé à l’émotion parce que je n’ai jamais entendu un marabout dire à un talibé qu’il est à la fois pour lui un père et une mère. Cela m’a beaucoup touché, surtout quand il m’a dit qu’il sera mon intercesseur auprès de Serigne Saliou et de Dieu. Serigne Cheikh m’a toujours témoigné une affection que je ne mérite pas. Il ne reste jamais deux jours sans prendre de mes nouvelles et c’est énorme pour le talibé que je suis. Et je pense que cela doit être le comportement d’un marabout envers son talibé.

 

Mais au delà de l’émotion, qu’est-ce que cela vous a fait d’entendre de tels propos venant de Serigne Cheikh Saliou ?

Cela m’a rappelé les paroles que Serigne Saliou prononçait à mon endroit. Quelqu’un qui vous dit qu’il est votre père, votre mère et qu’il intercèdera pour vous auprès de Dieu… (il ne termine pas sa phrase).

 

Depuis que vous êtes le responsable des récoltes de Khelcom, chaque année, vous battez le record. Avez-vous fait, cette année, une prospection pour savoir le niveau de rendement auquel vous vous attendez ?

Il y a plus de champs, donc le rendement sera supérieur à celui des années passées. Mais pour le moment, nous ne pouvons dire exactement ce qu’on aura. Les nouveaux daaras sont plus grands que les autres. Ma conviction est que c’est Serigne Touba qui nous facilite le travail, sans quoi, nous allons rencontrer d’énormes difficultés à pouvoir récolter tout ce mil. Au début, on passait un mois à Khelcom, maintenant on y passe deux à trois jours.

 

Combien de bus allez-vous affréter pour le transport des talibés ?

Des centaines, sans compter ceux qui viendront avec des camions. Nous leur donnerons du carburant. Comme nous le faisons tous les ans.

 

Avez-vous une fois, évalué le montant de vos dépenses pour l’événement ?

Chaque année, nous dépensons plus. Nous ferons toujours notre possible pour que l’événement soit une réussite. Maintenant, si vous parlez d’argent, sachez que tout l’argent du monde ne paierait pas l’œuvre de Serigne Touba. Pour moi, je ne fais rien pour Khelcom, c’est Serigne Touba qui fait tout.

 

Vous êtes un homme d’affaires, vous évoluez dans plusieurs projets, mais le plus en vue en ce moment, c’est celui engagé pour l’autosuffisance en riz au Sénégal. Où en êtes-vous ?

J’ai appris la comptabilité, l’économie générale. J’ai ensuite fait un module en psychanalyse. Donc, je ne suis pas expert en agriculture, mais j’y suis tombé grâce à mon marabout. C’est Serigne Saliou qui m’a orienté vers l’agriculture. Le problème avec l’autosuffisance que nous devions atteindre depuis longtemps, c’est qu’au Sénégal, les gens sont des touche-à-tout et ce ne sont pas les vrais experts du secteur qui avaient ce projet. Vous savez, récolter c’est facile, mais comment faire pour avoir de bons rendements, c’est cela la grosse difficulté. Il faut des études sur l’engrais et tout. Et je pense que le nouveau ministre de l’Environnement, Mame Thierno Dieng, y veillera. Il y a l’engrais bio et l’engrais chimique. Pour revenir au projet de l’autosuffisance en riz proprement dit, je ne gère que la partie matérielle, pour ainsi dire. Il y a beaucoup d’acteurs qui ne connaissent rien des tracteurs et qui malheureusement, s’étaient doté d’engins très bas de gamme. Ce qui a trop retardé les choses, mais nous projetons de mettre sur pied une usine de fabrique d’engrais, parce que cela n’existe pas en Afrique. Nous avons tout un programme avec l’Etat.

 

C’est quoi le programme ?

 

Nous allons doter les riziculteurs de tracteurs de grandes puissances. Mais, il faut savoir qu’il n’y a pas que les engins, il y a aussi le matériel post-récolte. Ce sera des produits de bonne qualité. La maîtrise de l’eau entre aussi en jeu. Pour cela, nous allons créer des canaux avec du matériel de qualité qui proviendra d’Inde. Je suis l’agent d’exécution de ce projet, vu que je connais les Indiens, mais ce sont eux qui fournissent le matériel et la technologie.

 

Le projet tourne autour de combien de milliards ?

C’est beaucoup de milliards, mais les chiffres ne sont pas importants.

 

Quand doit-il commencer ?

Le matériel arrive, il y a une partie qui est encore au Port. Cela concerne les machines de génie civil pour aménager les terres. C’est important ! Nous avons ciblé les zones, Dagana, Matam et autres endroits du pays, qui abriteront des rizeries. Ce sont les rizeries qui font la granulation, la parfumerie du riz, afin qu’il soit de qualité. C’est le programme d’autosuffisance en riz qui, en quelque sorte, se poursuit, parce qu’au début, c’était l’implantation de pompes et jusqu’à présent, personne ne demande ne serait-ce que des pièces détachées, parce qu’elles sont solides. Donc ce sont de très grandes sociétés, parfois elles refusent même de prendre certains marchés, parce qu’elles en ont beaucoup. C’est donc une chance pour le Sénégal d’avoir à contracter avec elles.

Aujourd’hui, quelles relations entretenez-vous avec l’Etat, sachant que les hommes d’affaires et membres du secteur privé ont toujours dénoncé sa conduite à leur égard ?

Le problème, ce n’est pas l’Etat. Dans certains pays de l’Hexagone, on n’a pas besoin de connaître le président de la République ou le ministre en charge de tel ou tel autre département pour prospérer. Si on a les compétences requises et qu’on est incontournable dans son domaine, on n’a pas besoin de pistons. Le problème au Sénégal, c’est qu’on court trop derrière l’argent. On effectue un travail et on n’est pas payé de suite. Nous ne sommes certes pas un pays développé, mais il y a un problème de procédures. L’Etat a bien sûr, un droit de regard, parce qu’il y a les institutions internationales qui veillent au grain. Et c’est l’image du pays et de gestion qui est en jeu. Toutefois, je ne suis pas d’accord que l’on vive sous le diktat d’institutions comme le Fmi, la Banque mondiale et autres. Je ne suis d’accord qu’elles nous imposent la manière de gérer nos finances. Quand on dit que l’Etat est endetté. Oui, et après ? Mais les Etats-Unis sont le pays le plus endetté du monde et c’est la première puissance mondiale. Il faut que les gens sachent ce qui fait marcher l’économie. Le business, c’est le business. Mais si on calque sur des gens qui aiment nous voir dans de petites voitures, avec de petites entreprises etc., ça ne marchera pas. Il faut le souligner, le président de la République fait des efforts pour les hommes d’affaires sénégalais. Il nous a réunis pour nous aider et nous donner des marchés, mais on ne peut pas tout le temps, donner des marchés à des gens qui ne peuvent les exécuter.

 

Mais, n’est-ce pas à vous, hommes d’affaires, de tenir le débat entre vous ?

Mais si on discute entre nous et que l’un d’entre nous aille en douce voir X ou Y pour gagner des marchés, cela ne sert à rien et malheureusement, c’est ce qui se passe.

 

N’est-ce donc pas votre mésentente qui est en cause ?

Personnellement, je compte beaucoup d’amis parmi les hommes d’affaires. Mais, ça s’arrête là. Je ne travaille pas avec eux. Amar Holding est une société unipersonnelle, c’est m’a propriété. Je n’accepterai pas d’y associer n’importe qui. Je maîtrise mon domaine et je fonce. Mais on ne peut être partout et dans tout, ce n’est pas possible. Maintenant, il y a d’autres sociétés où je suis actionnaire, mais celles que je gère personnellement sont celles qui m’appartiennent. La vérité est qu’on ne peut pas être partout, c’est impossible. D’ailleurs, j’ai toujours été contre ces histoires de consortium. Se regrouper pour quoi ? Que chacun se concentre sur ce qu’il sait faire. C’est ça ma philosophie. Je peux avoir tort, mais c’est ma conviction.

 

Il se dit que l’Etat vous doit de l’argent, avez-vous une idée de la somme ?

Evidemment, mais ce ne sont pas des choses à dire publiquement. C’est entre l’Etat et moi. Quand l’Etat vous doit de l’argent et ne vous paie pas, c’est parce qu’il y a, peut-être, un problème de trésorerie. Mais la volonté est là, l’Etat essaie, tant bien que mal, de donner des marchés aux hommes d’affaires et c’est important.

 

Globalement, comment voyez-vous la politique économique du Président Sall ?

Je pense qu’elle est bonne. Mais, il faut être intelligent pour comprendre ce qu’il veut faire. Il veut transformer le Sénégal et cela a un coût. Malheureusement, les gens critiquent le coût. Personnellement, je suis d’accord avec lui. Il faut tendre vers la qualité, quel que soit le prix à payer. L’Emergence a un coût et dans tous les secteurs. Et rien que concernant les bâtiments, routes et autres, il faut confier le travail à ceux qui savent le faire et arrêter le tâtonnement. C’est ce que le Président est en train de réaliser. Maintenant, s’il y a des nationaux experts dans ce domaine, il faut impérativement leur confier le marché. Le cas contraire, il faut le donner aux meilleurs.

 

Vous avez été récemment victime de remarques désobligeantes de Cissé Lô dans un règlement de comptes avec Aliou Sall. Comment avez-vous vécu cela ?

Ces attaques ne me touchent pas. Ce n’est pas la première fois que l’on m’attaque. J’allais lui répondre, mais j’ai reçu un «Ndigeul (injonction)» de mon marabout (Serigne Cheikh Ibn Serigne Saliou Mbacké, Ndlr) m’interdisant formellement de répliquer. Il m’a demandé de pardonner à tout le monde et de ne répondre à personne. C’est pourquoi je ne lui répondrai pas, il fait de la politique et moi je suis un homme d’affaires, des détails de ce genre ne feraient que me retarder. Ils ne m’avancent en rien.

 

Pourtant, certains de vos proches, via un communiqué publié sur le Web, soutiennent que Cissé Lô était un habitué de votre salle d’attente. Qu’en est-il ?

Je ne vais jamais m’abaisser à son niveau. Cissé Lô sait et je sais. Je ne me mettrai pas à polémiquer avec lui, je n’ai pas le temps.

 

Il ne vous a pas appelé pour que vous vous expliquiez entre adultes ?

On m’appelle de partout pour cela, mais honnêtement, je n’ai pas le temps à ça. En plus, j’ai reçu l’injonction de ne plus en parler. S’il (Cissé Lô, Ndlr) estime avoir dit une erreur, qu’il aille la rectifier là où il l’avait dite. Je suis capable d’être aussi ordurier que lui, mais on ne m’a pas éduqué ainsi. Je sais beaucoup de choses, mais je les tais, parce que c’est ce que mon marabout m’a demandé et je respecte ses ordres. Donc, je ne répondrai pas à tort et à travers, pour ajouter à la polémique. Concernant Aliou Sall, c’est mon ami de longue date, depuis l’époque où il était au Bureau économique de l’Ambassade du Sénégal en Chine. Mais, on ne s’est revu qu’une fois et avons une fois échangé au téléphone. Ce sont les Sénégalais qui aiment mettre les gens en mal. Même les problèmes entre les Présidents Wade et Sall, c’est la faute à des gens comme lui (Cissé Lô, Ndlr) qui amplifient tout.

 

Parlant du Président Wade, il est au Sénégal actuellement, vous êtes-vous vus ?

Non on ne s’est pas vus, il a voulu venir me présenter ses condoléances lors du décès de mon fils, mais j’étais à Saly, à ce moment. Mais il m’avait appelé de la France, parce qu’il connaissait bien mon fils qu’il considérait comme son petit-fils. Le Président Sall, lui, est venu jusque chez moi. Dieu a fait que je suis l’ami des Présidents sénégalais, parce que je leur dis la vérité et leur donne des conseils. L’un est mon père, l’autre mon grand-père. Les gens essaient de nous mettre en mal, mais n’y arriveront jamais.

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Pétrole/Gaz : ‘’Ce qui nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy’’ (Bp)

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Kosmos Energy

Le méga projet de Grand Tortue, qui doit faire du Sénégal et de la Mauritanie des producteurs de Gaz dans trois ans, est actuellement en plein développement. C’est du moins ce qu’a annoncé Jonathan Evans, vice-président de Bp exploration chargé des nouveaux projets en Afrique. Celui-ci, dans un entretien accordé à Jeune Afrique et publié  dimanche passé, a fait état de la volonté de Bp d’investir plus d’un milliard de dollars, soit plus de 500 milliards de nos francs. Mais il a aussi a évoqué les raisons qui ont conduit Bp à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue.

Il est ressorti des propos de M. Evans que ‘’le géant Bp qui le pilote entend s’appuyer sur cette nouvelle base africaine pour rattraper ses grands concurrents Shell et Total qui parient comme lui sur une explosion du marché du Gaz naturel liquéfié (Gnl). Après avoir racheté la majorité des parts du projet à l’américain Kosmos Energy en décembre 2016, le découvreur de gisement, la major britannique prévoit d’investir plus de 1 milliard de dollars pour la première phase du projet et plusieurs autres milliards de dollars pour les suivantes, sur une durée d’exploitation de 30 ans. Des sommes énormes en jeu qui alimentent les espoirs et les fantasmes à Dakar et à Nouakchott, où les gouvernements entendent profiter du boom gazier’’.

Celui-ci a appelé les deux pays (Mauritanie/Sénégal) à ‘’aussi éviter la ‘’malédiction des matières premières’’ qui affecte souvent les nouveaux pays producteurs et dont les symptômes sont la dépendance au secteur extractif et à la mauvaise gouvernance’’

Plus de 500 milliards de francs à investir entre le Sénégal et la Mauritanie

Cette région, est selon M. Evans, ‘’amenée à devenir une nouvelle base pour Bp.” D’ici à une dizaine d’années, sa production dépassera celles de nos deux bases africaines historiques : l’Egypte, où nous avons une production importante depuis 55 ans essentiellement gazière aujourd’hui ; et l’Angola, où nous nous sommes installés voici 30 ans, mais dont la production d’huiles décline, car issue de champs vieillissants.

Parlant des raisons qui ont emporté l’adhésion de l’état-major de Bp pour investir plusieurs milliards de dollars dans deux nouveaux pays novices de l’industrie pétrolière, il a évoqué une volonté de créer une sorte d’équilibre dans la répartition de ses productions. ‘’Quand nous avons repris le projet de Grand-Tortue, en décembre 2016 nous étions à la recherche de nouveaux réservoirs de gaz. Bp a pour objectif de parvenir d’ici à 5 ans à une répartition de sa production à 60% gazière et à 40% pétrolière. Nous sommes actuellement au milieu du chemin, avec une production à peu près équivalente en gaz et en pétrole. L’acquisition de l’américain Amoco, au début des années 1990, avait apporté à Bp d’importants actifs gaziers, notamment aux Usa et en Indonésie, mais il nous fallait mettre au jour d’autres gisements. Au début de la décennie 2010, les équipes d’exploration de Bp, dont je fais partie ont donc regardé avec attention des opportunités de développement de production gazière dans les régions mal ou pas explorées, et notamment au Sénégal et en Mauritanie. Cela nous a amené à dialoguer avec Kosmos Energy, découvreur du méga gisement de Grand-Tortue, recelant 15 Tcf (Trillon cubic feets, milliers de milliards de pieds cubes), une taille remarquable. Nous avons étudié les possibilités autour de cette découverte, repris la majorité des parts entre 2016 et 2017, et nous en pilotons le développement opérationnel aujourd’hui’’.
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Intelligence Économique au profit de l’Employabilité et de l’Entreprenariat des Jeunes au Sénégal. (Par Dr Thierno THIOUNE)

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intelligence économique

Au Sénégal, comme dans la plupart des pays en développement, la désarticulation de l’économie, aggravée par la grande récession qui a récemment frappé les secteurs économiques les plus dynamiques, a eu de profondes répercussions sur le marché du travail. Cette dégradation du marché du travail a accentué l’intérêt d’analyser les répercussions du cycle des affaires sur l’entrée dans la vie active et les trajectoires individuelles, particulièrement des jeunes actifs, notamment ceux des pays comme les nôtres qui se projettent sur la trajectoire de l’émergence. Cependant, les conditions conjoncturelles, ont eu véritablement une sorte « d’effet cicatrice » avec un impact négatif et persistant sur la trajectoire professionnelle des travailleurs notamment des jeunes en âge de travailler.
Même si, faut-il le rappeler, les études menées contribuent à accroître la productivité en permettant d’accumuler davantage le capital humain. En ce sens, le diplôme participe à réduire la probabilité de se retrouver au chômage des jeunes et contribue alors aux renforcements de leurs perspectives de carrière tout en concourant à corriger les effets pervers des déséquilibres conjoncturels du marché du travail. En réalité, le diplôme apparaît comme un « signal » aux yeux des employeurs, attestant de la productivité et constituant pour nous tous un intrant capital dans la réalisation des idées entrepreneuriales. Pour cela, l’ intelligence économique devrait constituer une source intarissable d’opportunité, si elle est intégrée dans la conception des curricula.

Dès lors, il est important de cerner le champ d’application de l’i ntelligence économique à travers la maitrise de l’information, la sécurité des données et l’identification des menaces économiques qui sont au cœur des préoccupations de toutes les organisations notamment les États, les Entreprises et les ONGs, principaux acteurs pourvoyeurs d’emploi. Il s’agit pour les futurs travailleurs diplômés de savoir transformer les informations en connaissances pour atteindre des objectifs spécifiques de la dimension stratégique et collective fondé sur l’intelligence économique.

La problématique, dont il est ici question, demeurant au centre des préoccupations actuelles, essaie d’analyser dans quelle mesure l’ intelligence économique serait-elle un atout à l’employabilité et à l’entreprenariat des Jeunes au Sénégal ?

Apparue aux Etats-Unis, l’intelligence économique, s’est imposée rapidement dans les plus grandes entreprises à travers le monde mais peine à trouver sa place dans les PMEs de nos types de pays où le concept est souvent perçu, à tort, comme abstrait et inaccessible. La notion de « l’intelligence économique » est devenue un élément fondamental de la démarche stratégique même si sa conception moderne ne date que d’une quinzaine d’années. Fort de ce double constat, il doit être fondamentale de mesurer à quel point la vertu de l’intelligence économique doit être pour les autorités étatiques une priorité essentielle, une solution structurelle pour notre avenir commun, un ciment fondamental pour le Sénégal émergent de demain, une réponse aussi pour les jeunes nouveaux diplômés de notre système éducatif qui n’auront plus rien à craindre demain face au marché du travail.

Notre système éducatif supérieur, ayant l’obligation d’intégrer le rôle primordial que joue l’ intelligence économie en matière de développement économique, social et professionnel et particulièrement son atout pour l’entreprenariat en ce qu’elle permet de rendre accessible les connaissances, les partager et les exploiter, devrait s’ouvrir davantage sur le monde socio-économique, partenaire indispensable à la réalisation de l’ensemble des objectifs scientifiques, pédagogiques et professionnels. En effet, le partenariat système éducatif-entreprise devrait s’inscrire davantage dans une mission lui permettant d’être en symbiose avec son environnement économique à travers des passerelles multiples allant des instituts de formation vers les entreprises et inversement.

Plusieurs expériences réussies, de par le monde, ont permis de dynamiser les projets collaboratifs, de rapprocher les entreprises des unités de formation. Développer la relation entre le monde académique et le milieu socioéconomique devrait constituer l’un des objectifs de notre système éducatif afin de renforcer l’employabilité́ des apprenants, de promouvoir l’innovation et de mieux organiser l’insertion des étudiants dans le monde professionnel à travers une multiplicité d’actions mises en place.

En réalité l’accès des jeunes au marché du travail au Sénégal constitue une problématique économique lancinante. La longue succession des échecs des politiques publiques en la matière a remis au-devant de la scène les interrogations sur le rôle positif de l’intelligence économique sur l’employabilité. Dès lors, la maitrise de leur lien constitue une bouée de sauvetage pour les millions de jeunes africains en général qui arrivent chaque année sur le marché du travail.

Seulement, il est important de comprendre que le défi auquel fait face l’employabilité des jeunes au Sénégal, particulièrement, est la capacité de ces derniers à appréhender les contours de l’intelligence économique afin de le mettre au service de l’économie réelle et de la croissance économique. Pour cela les jeunes nouveaux diplômés doivent jouer un rôle majeur en faisant preuve d’ingéniosité pour relever les défis que posent les crises du marché du travail et cela grâce à l’intelligence économique et les pouvoirs stratégiques qu’elle génère profitant et motivant l’entreprenariat.

Dans la marche actuelle du monde, la dynamique entrepreneuriale s’appréhende comme une résultante de la dynamique stratégique de l’intelligence économique intégrant le triptyque : Appropriation – Interprétation – Action. En ce sens, cette triple relation est l’un des aspects les plus développés et l’un des vecteurs les plus performants à côté de la maitrise des techniques d’informations et de la communication pour des innovations entrepreneuriales au profit de l’évolution économique.

Aussi, est-il vrai que des préoccupations demeurent notamment celles sur le lien entre la compréhension de l’intelligence économique et de l’entreprenariat d’une part mais aussi celle de l’accès au financement et de la maitrise des innovations issues des techniques d’information et de la communication. Toutefois, nous pouvons retenir, tout au plus, que l’intelligence économique apparaisse comme une double solution à l’entreprenariat :
Premièrement, les contraintes financières qui, lorsqu’elles sont desserrées, peuvent pousser les jeunes nouveaux diplômés mettant au profit les sources de l’intelligence économique à imaginer de nouvelles modalités de concrétiser leur projet entrepreneurial.
Deuxièmement, les nouvelles opportunités qu’offrent les technologies de l’information et de la communication pourront inciter les jeunes nouveaux diplômés à innover et penser des start-up innovantes que l’utilisation de l’intelligence économique pourrait simplifier.

C’est dire que la lutte contre le chômage et les crises du marché du travail passent par le renforcement des capacités nationales du pays dans le domaine de l’intelligence économique et par l’utilisation de plateformes les plus appropriées et des technologies les plus favorables.

C’est justement, conscient que le partage des connaissances et des expériences reste la base du progrès de l’homme que je milite pour un système éducatif sénégalais adoptant une approche faisant bénéficier à nos futurs « jeunes diplômés entrepreneurs » d’un stock de connaissances sur l’intelligence économique, de savoir-faire, et ce, en vue de les inciter vers l’entreprenariat car dans ce monde complexe où l’information n’a jamais été aussi abondante, nous devons intégrer l’intelligence économique ».
Dr Thierno THIOUNE
Maître de Conférences Titulaire FASEG/UCAD
Directeur des Etudes du CREFDES
Membre du Conseil Scientifique du LARED

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État des exportations au Sénégal : Ce gap important à combler malgré un rythme de croissance apprécialble

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Le Sénégal, dans le domaine des exportations, entend mettre l’accent sur les opportunités qu’offre son adhésion aux accords commerciaux multilatéraux et régionaux afin de  valoriser le potentiel d’offre et de services.

En effet, la phase 1 du PSE avait ciblé plusieurs secteurs porteurs de croissance dont le développement pourrait contribuer à augmenter nos exportations et réduire le déficit structurel de notre balance des paiements.

C’est à cet égard même qu’il s’est agi pour le gouvernement, de promouvoir l’émergence des secteurs de l’éducation, de la santé, la finance, les services IT, les services BTP, l’externalisation des processus de métiers entre autres… Cela devrait se faire tout en consolidant l’offre des secteurs traditionnels tels que l’agriculture, le tourisme, la pêche, les produits miniers, chimques, etc.
C’est dans cette perspective que le gouvernement du Sénégal s’est assigné l’objectif de “multiplier par trois le niveau des exportations par tête, à l’horizon 2023”. Cependant, “des performances réalisées sont restées mitigées sur la période de mise en oeuvre de la première phase du plan Sénégal émergent”, nous fait-on savoir. Aussi, il est à souligner que durant cette phase, , “les exportations par habitant ont été multipliées par 1,27 passant ainsi de 111 749, 91 Fcfa en 2014 à 142 888,6 Fcfa en 2018. Ce qui montre de toute évidence, “un gap de 1,73 (correspondant à une hausse projetée des exportations de 73% à combler pour l’atteinte de l’objectif ciblé par le PSE”, renseigne le ministère du commerce. Un objectif visé bien entendu dans un contexte où les perspectives du marché international s’annoncent incertaines entre risques de récession en Europe et aux Etats Unis, le ralentissement de la croissance chinoise, les conflits commerciaux, le crise du Brexit, les tensions sécuritaires persistantes au Mali, dans la sous-régions etc…

Selon le ministère du commerce, cette situation, bien qu’apréciable, comparée à la période 2009-2013 où il se situait à 7%, le rythme de croissance des exportations du Sénégal, avec un taux de 9% en moyenne annuelle sur 2014-2018, reste néanmoins encore faible par rapport aux pays de référence, notamment la Côte d’Ivoire et le Maroc car, ces derniers présentent un taux de PIB nettement superieur à 30% contrairement au Sénégal qui affiche 27%. Ces contraintes liées à ce développemnt des exportations sont dues généralement à cette faible pénétration des marchés mondiaux, la faible transformation des produits exportés, l’insuffisance de logustique et du réseau d’infrastructures de commerce.

Il est toutefois attendu avec la mise en œuvre de la 2e phase du plan Sénégal emergent, une diversification et une amélioration de la qualité des produits et services exportés pour amener le taux de marchandises exportés à 45,21% en 2023.

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