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Afrique

Pourquoi Sankara est-il une icône africaine

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Pourquoi Sankara est-il une icône africaine

Sankara ! En Afrique et dans la diaspora, ce nom est devenu synonyme de révolution et d’engagement panafricaniste.

Le capitaine burkinabè est perçu comme un modèle absolu qui défie le temps et les aléas de la géopolitique.

Pourquoi Thomas Sankara est-il aussi central pour une génération qui ne l’a peu ou pas connu?

Le 15 octobre 1987, le commando qui a abattu l’homme a surtout créé un mythe qui, 30 ans après, continue d’être une source d’inspiration.

L’ancien chef d’Etat burkinabè représente pour beaucoup d’africains ce que le Négus éthiopien Hailé Sélassié est pour les rastas : un modèle achevé de leader noir, panafricaniste de surcroît.

Leader révolutionnaire

Pour ces millions de jeunes qui l’adulent, Sankara est aussi un leader proche de son peuple, un féministe, un altermondialiste, bref un héros continental au même titre que Mandela.

Son souvenir est encore vivace à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et dans toutes les grandes villes du continent où son idéologie est perpétuée à travers la musique, l’art et la politique.

Sur Youtube, les vidéos de ses discours enregistrent des millions de vues.Copyright de l’imageAFP
Image captionSur Youtube, les vidéos de ses discours enregistrent des millions de vues.

Le capitaine Thomas Sankara voulait appliquer au Burkina Faso, pays qui l’a vu naître en décembre 1949, une politique sociale mettant les intérêts du peuple au centre des politiques publiques.

Avec ses frères d’armes, il s’est très tôt frotté aux idéaux communistes.

En 1976, il créé le Regroupement des officiers communistes (ROC), un mouvement d’extrême gauche.

Arrivée au pouvoir en 1987 après un coup d’Etat appuyé par une insurrection populaire contre Jean Baptiste Ouédraogo, Sankara fait de la fin des injustices sociales son cheval de bataille et de la lutte contre la pauvreté et la corruption, ses principales priorités.

Le 15 octobre 1987, le commando qui a abattu l'homme a surtout créé un mythe qui, 30 ans après, continue d'être une source d'inspiration.Copyright de l’imageAFP
Image captionLe 15 octobre 1987, le commando qui a abattu l’homme a surtout créé un mythe qui, 30 ans après, continue d’être une source d’inspiration.

“Le pouvoir au peuple”

Sankara, c’est aussi celui qui voulait mettre un terme aux pratiques qui maintiennent le peuple en dehors des programmes politiques.

Dans sa volonté de mettre le peuple au centre de l’action politique, il crée les Comités de défense de la Révolution (CDR), des organes décentralisés chargés d’exercer localement le pouvoir au nom du peuple.

Ces comités gèrent la sécurité publique, la formation politique, l’assainissement des quartiers, le développement de la production et de la consommation des produits locaux, la participation au contrôle budgétaire dans les ministères, etc.

Mais, ils sont aussi accusés d’exactions et de débordements que Sankara lui-même dénoncera.

Idéologue en treillis

“Un militaire sans formation politique est un criminel en puissance”, disait-il, expliquant sa soif de connaissance et son appétit pour la lecture.

En 1969, à l’Académie militaire d’Antsirabé, à Madagascar, il étudie, les sciences politiques qui deviennent une passion pour lui.

Pourquoi Sankara est-il une icône africaine

Sankara: “Chassez les fonctionnaires pourris”

Sur Youtube, les vidéos de ses discours enregistrent des millions de vues.

L’homme sait manier le verbe.

Sankara était-il un penseur ? Un idéologue politique ? Oui, selon le professeur de philosophie burkinabè Abdoulaye Barro.

Anti impérialiste

“Nul ne s’étonnera de nous voir associer l’ex Haute-Volta, aujourd’hui le Burkina Faso, à ce fourre-tout méprisé, le tiers monde, que les autres mondes ont inventé au moment des indépendances formelles pour mieux assurer notre aliénation culturelle, économique et politique. Nous voulons nous y insérer sans pour autant justifier cette gigantesque escroquerie de l’Histoire. Encore moins pour accepter d’être “l’arrière monde d’un Occident repu”, déclare Thomas Sankara devant l’assemblée générale des Nations unies, le 4 octobre 1984.

Anti-impérialiste assumé, Sankara est un non-aligné qui affiche ses amitiés avec des leaders en rupture de ban en Occident notamment ceux membres du bloc soviétique dans un contexte de guerre froide.

Son clash d'anthologie avec le président français de l'époque, François Mitterrand en visite au Burkina Faso, en dit long sur son point de vue sur la France et les pays occidentaux.Copyright de l’imageDANIEL JANIN
Image captionSon clash d’anthologie avec le président français de l’époque, François Mitterrand en visite au Burkina Faso, en dit long sur son point de vue sur la France et les pays occidentaux.

Le jeune capitaine burkinabè veut affranchir son pays de la tutelle de l’ancien colonisateur, la France, avec qui il voulait renégocier les accords de coopération.

Son clash d’anthologie avec le président français de l’époque, François Mitterrand en visite au Burkina Faso, en dit long sur son point de vue sur la France et les pays occidentaux.

Sankara s’oppose à la même période aux réformes néolibérales et aux programmes d’ajustement structurel imposés à l’Afrique par les bailleurs de fonds.

Il cherche à rendre son pays autonome et capable de prendre son destin en main. Pour lui, mettre un terme à la dépendance diplomatique et commerciale du Burkina Faso vis-à-vis de la France est plus que nécessaire.

C’est ainsi qu’il prône le non-remboursement de la dette à Addis Abeba en juillet 1987, trois mois avant son assassinat.

Féministe

Pour ces millions de jeunes qui l'adulent, Sankara est aussi un leader proche de son peuple, un féministe, un altermondialiste, bref un héros continental au même titre que Mandela.Copyright de l’imageSIA KAMBOU
Image captionPour ces millions de jeunes qui l’adulent, Sankara est aussi un leader proche de son peuple, un féministe, un altermondialiste, bref un héros continental au même titre que Mandela.

Le Burkina, comme la plupart des sociétés traditionnelles africaines, est régi par un système patriarcal qui accorde peu de place à la femme.

Voulant mettre fin aux injustices, Thomas Sankara s’engage pour la promotion et l’émancipation des femmes.

Il nomme plusieurs d’entre elles ministres.

Plus anecdotique, le 8 mars 1987, ils demandent aux hommes de célébrer la journée internationale de la femme en échangeant de rôle avec leurs épouses.

Ce qui suppose que les tâches ménagères sont pour une fois dévolues aux hommes.

Cet engagement féministe, il en a fait part à ses pairs du monde entier dans un discours aux Nations unies en 1984.

Afrique

Entretien avec Mankeur Ndiaye, Chef de la MINUSCA : « Il faut que les pays africains se mobilisent »

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Mankeur Ndiaye

En Centrafrique, l’accord de paix signé le 6 février entre quatorze groupes armés et le gouvernement est remis en cause par des violations et autres exactions commises contre les populations civiles par des groupes signataires. Mais pour Mankeur Ndiaye, beaucoup d’efforts sont en train d’être faits pour l’engagement de tous afin que cet accord soit le dernier accord. Mankeur Ndiaye d’avancer : “un accord de paix ce n’est pas la paix, c’est un processus vers la paix, dont le chemin est parsemé d’obstacles qu’il faudra lever au jour le jour. On travaille pour que la paix revienne, mais on ne peut pas dire quand. Il faut que les pays africains se mobilisent.”

Pour le représentant spécial du secrétaire général des Nations-Unies, chef de la Minusca, toutes les mesures sont en train d’être prises pour une solution politique et non militaire, afin que ce énième accord puisse ramener la Centrafrique sur les chemins de la paix et de la stabilité politique.

L’ancien ministre des affaires étrangères est également revenu sur son passage à la tête de l’ITIE, non sans estimer qu’Awa Marie Coll Seck est dans la bonne voie pour mener à bien la mission. Entretien…

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Afrique

Tué par les Jungulars de Yahya Jammeh : L’Américano-gambien Ebou Jobe a été dénoncé par son propre cousin, Alhagie Marr

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Tué par les Jungulars de Yahya Jammeh : L'Américano-gambien Ebou Jobe a été dénoncé par son propre cousin, Alhagie Marr

Le meurtre d’Alhagie Mamut Ceesay et d’Ebou Jobe en 2013, par des Jungulars (escadrons de la mort) sur ordre de Yahya Jammeh a été facilité par le nommé Alhagie Marr. Qui a des liens de parenté avec l’une des victimes.

Le demi-frère d’Ebou Jobe, Moustapha Jobe qui vit au Royaume uni a révélé à Freedom newspaper visité par Dakaractu que la mère d’Ebou Jobe et celle d’Alhagie Marr ont le même père et la même mère. C’est dire qu’ils sont cousins. Et pourtant, c’est Alhagie Marr, alors soldat dans le régiment 17, qui a dénoncé son cousin auprès de Yahya Jammeh. Il a fait croire à l’ancien dictateur que les deux citoyens gambiens qui avaient en même temps la nationalité américaine, complotaient pour le renverser.

Selon le récit d’un ancien jungular devant la commission vérité, réconciliation et réparation (CVRR), les deux hommes ont été filés alors qu’ils étaient dans le restaurant Senegambie. Pa Ousman Sanneh a révélé à la CVRR que c’est Alhagie Marr qui leur fournissait des informations sur Alhagie Mamut Ceesay et Ebou Jobe qui ont été arrêtés à un poste de contrôle. Conduits à Kanilai et livrés à Jammeh, leur exécution a eu lieu dans la brousse du village natal de Yahya Jammeh. Qui, selon le témoignage de Pa Ousman Sanneh, a ordonné qu’ils soient déchiquetés. Ce qui a été fait par les jungulars.

Moustapha Jobe est d’autant plus outré par la mort de son demi-frère Ebou Jobe que celle-ci ait été le fait de Alhagie Marr qui, de surcroit est un parent du défunt. À l’en croire, l’attitude de Marr qui a quitté la Gambie après le meurtre de son cousin pour une destination inconnue, a mis toute la famille dans l’embarras. Il a semé le grain de la division au sein de leur famille.

Expliquant l’attitude de Marr, Moustapha Jobe croit savoir que celui-ci était jaloux de la réussite d’Ebou qui tenait une boutique à New York, aux États-Unis.

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Afrique

L’AFRICA CEO FORUM se tiendra les 9 et 10 mars 2020 à Abidjan

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CEO FORUM

● La 8e édition du plus grand rendez-vous international des décideurs et des financiers du secteur privé africain réunira plus de 1 800 participants à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
● Alors que la Zlec vient d’entrer dans sa phase opérationnelle, le sujet de l’intégration économique et des conditions de son succès sera au cœur des discussions.
L’AFRICA CEO FORUM se tiendra les 9 et 10 mars 2020 à Abidjan. À cette occasion, le plus important rendez- vous annuel du secteur privé africain portera la voix des leaders économiques dans les grands débats structurants pour les économies africaines, notamment dans les domaines de l’intégration régionale, du développement des infrastructures ou encore de l’impact des révolutions technologiques.
Décryptages sectoriels, sessions géographiques, études de cas présentées par de grands CEO, témoignages d’experts, ateliers stratégiques et groupes de travail : l’AFRICA CEO FORUM proposera à ses participants du monde des affaires les thématiques les plus pointues.
« Avec l’entrée de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) dans sa phase opérationnelle le 7 juillet, l’Afrique s’est engagée dans un ambitieux processus d’intégration économique. Fidèle à sa mission, l’AFRICA CEO FORUM proposera des solutions concrètes et innovantes pour permettre au secteur privé d’être le moteur de la croissance africaine. Sa capacité à mobiliser des participants du plus haut niveau fait de l’AFRICA CEO FORUM la plateforme de choix pour permettre un dialogue public-privé essentiel à un développement économique équilibré du continent », explique Amir Ben Yahmed, président de l’AFRICA CEO FORUM.

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