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DAROU KHOUDOSS – Touba se rappelle du transfèrement de Serigne Touba pour son repos éternel

Lorsque, de guerre lasse, au terme d’un exil pénible et inique en Afrique Centrale, le Pouvoir Colonial se résolut à ramener Cheikh Ahmadou BAMBA au Sénégal, il se trouva placé devant un constat d’échec quant à sa tentative de liquidation du Cheikh et de ses idées

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Cheikh Ahmadou BAMBA

Lorsque, de guerre lasse, au terme d’un exil pénible et inique en Afrique Centrale, le Pouvoir Colonial se résolut à ramener Cheikh Ahmadou BAMBA au Sénégal, il se trouva placé devant un constat d’échec quant à sa tentative de liquidation du Cheikh et de ses idéesMais il ne désarma pas pour autant : le combat fut transposé sur le plan culturel. Sa nouvelle stratégie fut d’entreprendre d’effacer de la mémoire du peuple, jusqu’au souvenir de Cheikh Ahmadou BAMBA par le biais de la scolarisation d’enfants dont on allait planifier savamment le lavage du cerveau, le déracinement culturel et l’européanisation par l’assimilation aux mœurs occidentales. Selon les espérances du Pouvoir Colonial, le Mouridisme devait s’effondrer de lui-même dès la disparition de son fondateur, miné par les dissensions qui naîtront forcément, croit-il, des querelles successorales, mais aussi par les séductions de la vie matérielle qu’il offre.

Tous ces espoirs devaient par la suite s’écrouler lamentablement, car Cheikh Ahmadou Bamba allait laisser une descendance de Vaillants Paladins de l’Islam qui se sont tous illustrés dans la défense et la propagation de l’œuvre du fondateur du Mouridisme.

Le premier d’entre eux, Cheikh Mouhammadou Moustapha Mbacké se distingue par un courage incommensurable, une intelligence hors du commun, d’immenses qualités de rassembleur, d’organisateur, de bâtisseur, toutes choses qui ont trouvé la pleine mesure de leur expression dans le contexte particulièrement dur de l’époque coloniale, dans l’une de ses périodes les plus tragiques : l’entre deux guerres.

Ce preux Chevalier de l’Islam qui allait reprendre et porter haut le flambeau allumé par son illustre Père, a vu le jour en 1888 à Darou Salam, d’une mère elle-même issue d’une grande famille d’érudits, Sokhna Aminata Lô. C’est d’ailleurs son oncle maternel, Serigne Ndame Abdou Rahmane Lô, grand compagnon de son Père, qui allait se charger de son initiation au Coran, tandis que Mame Thierno Birahim Mbacké, frère cadet du Cheikh, allait assurer à son tour sa formation dans les questions théologiques. Par la suite, son père, le Cheikh en personne, se chargera de guider ses pas dans les arcanes de la formation mystique. Jamais étudiant ne fut aussi doué. Il excellera à un point tel que son père le désignera comme successeur avec pour mission, le raffermissement de la cohésion de la Communauté Mouride dans le but de la faire prospérer, mais surtout l’édification de la Grande Mosquée, pour la seule gloire de Dieu. Il n’est peut-être pas superflu de dire que les contemporains ont rapporté que son Père lui témoignait une réelle affection car on avait le sentiment qu’il savait qu’il avait bien investi sa confiance.

La première occasion que Cheikh Mouhammadou Moustapha Mbacké eut de montrer qu’il était à la hauteur des espérances de son Père, ce fut en 1927, lorsque le Cheikh disparut. La rapidité et la pertinence de sa réaction, le sang froid, la discrétion et le courage avec lesquels il fit transférer l’illustre corps à Touba, dans le contexte très coercitif de la période coloniale forcent encore, de nos jours, l’admiration, quand on sait qu’il n’était pas facile à l’époque de braver le Pouvoir Blanc (il a donné une sépulture à son père sans informer l’Administration, en se passant surtout de son autorisation) et d’encourir les foudres de son courroux. Au mépris des risques patents, il a exécuté les dernières volontés de son père : lui assurer une sépulture en tout conforme à ses vœux, selon la procédure qu’il avait lui-même indiquée, surtout en s’assurant que son corps ne soit point souillé, ne serait – ce que par le simple regard d’un membre de l’administration coloniale.

Une autre manifestation de sa pleine capacité à jouer le rôle que son père lui a dévolu a été la manière dont il a mis-fin aux velléités de dissidence de certains Grands Cheikhs après la disparition du Fondateur. Par son aura personnelle, et ses qualités de grand rassembleur, il a réussi à rallier autour de sa personne tous les dignitaires et les talibés. Pour assurer la cohésion et la force de la Communauté, il a, avec intelligence, choisi la voie du dialogue et de la concertation.

D’abord avec ses frères et sœurs : bien qu’il fût l’aîné et le légataire de Serigne TOUBA, donc le seul maître, autorisé à décider souverainement avec l’assurance d’obtenir l’obéissance stricte de ses cadets qui voyaient en lui leur vénéré Père, il a préféré, en toute chose, les consulter pour tenir compte, très étroitement, de leurs avis. D’ailleurs, il est de notoriété publique qu’il vénérait ses frères et sœurs qu’au demeurant il chérissait, car lui aussi voyait en chacun d’entre eux son illustre Père. Sur cette question de ses rapports avec ses cadets, le témoignage de Sokhna Maïmouna MBACKE la benjamine du Cheikh est particulièrement édifiant. En effet, elle aimait souvent raconter que, toute jeune, encore du vivant de leur vénéré père, à un âge où elle n’avait pas encore une conscience claire de son lien de parenté avec Cheikh Mouhammadou Moustapha, son attention avait été attirée par l’empressement de ce jeune homme à aller au devant de ses moindres désirs, à elle et aux autres enfant du Cheikh.

Elle avait remarqué chez lui un zèle et un dévouement qui allait même, souvent, jusqu’à leur offrir son vêtement pour s’essuyer les mains après les repas. Elle avait fini alors par dire à ses frères : ” Qu’il est bon, ce talibé de notre père ! ”

Ensuite avec les Cheikhs et autres Dignitaires du Mouridisme : à l’exemple de son Père, il a témoigné une grande considération, un grand respect aux Cheikhs et à tous les Dignitaires. Il n’a jamais manqué de prendre leurs conseils chaque fois qu’il s’est agi des grandes questions intéressant le devenir de la Communauté. Il leur a conféré certaines prérogatives destinées à accroître et à fortifier cette Communauté. A l’instar de son Père, il a créé pour eux des Daaras, véritables pôles de développement où, en dehors de l’enseignement du Coran et de la liturgie, le travail productif est érigé au rang de véritable sacerdoce. C’est ainsi que, pour doter les Cheikhs, il eut à fonder de nombreux villages dont on peut, pour mémoire, citer quelques- uns des plus connus : Tindody, Taïf , Naïdé, Darou Naïm, Kaél, Bayla. Il est peut-être utile de rappeler que Taïf et Bayla ont la particularité que leur production était exclusivement consacrée au financement des grands chantiers que sont la Grande Mosquée et le rail Diourbel – Touba. À ce titre, ces daaras préfigurent le Khelcom de Serigne Saliou qui n’a pour objectif, en ce qui concerne les revenus qu’il génère, que le financement des travaux de Serigne Touba.

Enfin avec le reste de la Ummah : toute sa vie durant, il s’est évertué à tisser des liens étroits de fraternité et de collaboration avec les autres chefs religieux, non seulement du Sénégal mais aussi des pays limitrophes comme la Mauritanie. Il est connu que Seydou Nourou TALL, représentant de la famille omarienne lui rendait souvent visite et qu’il eut à recevoir à Touba le Roi du TRARZA venu de sa Mauritanie natale pour rendre visite à son frère en Islam.

Même avec l’Administration Coloniale, il a réussi à établir de bons rapports à un point tel, que le Gouverneur Général de L’A.O.F en personne a été son hôte à TOUBA, trois jours durant.

La plus grande réussite à mettre à l’actif de Cheikh Mouhammadou Moustapha est, sans conteste, la construction de la Grande Mosquée de TOUBA.

C’était un projet tellement cher à Cheikh Ahmadou BAMBA qu’il en dira lui-même, bien avant sa construction, “L’Eternel m’a honoré pour l’éternité d’un édifice indestructible qui se dressera jusqu’au Paradis. ”

A l’endroit de ceux qui, de près ou de loin ont eu le bonheur de collaborer ou de participer à l’érection de l’ouvrage, le Cheikh a formulé les prières suivantes :

” Absous les volontaires qui ont bâti l’édifice si élevé de ma demeure, la Cité Bénite de Touba, de leurs pêchés du passé et de l’avenir ; absous tous ceux qui avaient la charge de l’ordonnancement des travaux de l’édifice de leurs pêchés initiaux et finaux. ”

” Absous également tous ceux qui leur sont venus en aide dans cet édifice qui, par Ta Gloire s’est érigé – Ô ! combien Majestueux – de leurs pêchés d’avant et d’après. ”

Il convient de rappeler que Cheikhoul Khadim n’avait assigné aux hommes la mission de construire la Mosquée que dans la noble intention de leur ouvrir les voies de la Rédemption. Cette Mosquée est un dessein de Dieu et le Cheikh, dans son exhortation aux talibés à s’impliquer dans sa construction, n’a pas manqué de prévenir :

” Si vous l’entreprenez, Dieu en sera pour autant glorifié mais en cas de renonciation, Dieu enverrait des êtres pour s’en acquitter. ”

Le moment venu, Cheikh Mouhammadou Moustapha entreprit de s’atteler à la réalisation du vœu de son Père. Alors, devant lui, se dressèrent nombres d’obstacles et d’embûches tous plus ardus les uns que les autres. Mais, courageusement, opiniâtrement, avec détermination, il a réussi à les abattre les uns après les autres.

Lorsque, le vendredi 17 dhul – qi da 1530 H (4 Mars1932), il procédait à la pose de la première pierre de l’édifice en présence des Dignitaires du Mouridisme et d’une foule de Talibés enthousiastes, que d’obstacles il avait du abattre pour en arriver à ce jour et à ses fastes.

Il a du batailler ferme pour obtenir l’immatriculation du terrain devant porter l’ouvrage et l’autorisation de construire.

Ensuite l’Autorité Coloniale lui a imposé une condition qui, dans sa logique devait signifier le coup d’arrêt mettant définitivement fin au projet. Il ne s’agissait, ni plus ni moins, que de poser 50 km de chemin de fer, de Diourbel à Touba pour acheminer le matériel lourd nécessaire à l’entreprise. Dans les normes, seuls un gouvernement ou une société puissante pouvaient relever un pareil défi. C’était compter sans la détermination de Cheikh Mouhammadou Moustapha : dans un délai de loin inférieur à celui imparti par le Pouvoir Colonial et avec les seules ressources (humaines et financières) de la Communauté Mouride, l’ouvrage fut réalisé.

Enfin, il a eu à déjouer les manœuvres frauduleuses d’un certain Pierre Taillerie, Administrateur Colonial ayant revêtu le manteau d’entrepreneur pour se faire adjuger le contrat de construction de la Grande Mosquée. Très vite, il est apparu qu’on avait affaire avec un escroc qui croyait pouvoir s’enrichir sans risque en misant sur l’ignorance du droit de ses victimes et surtout sur la peur qu’elle devrait normalement avoir de traîner un blanc devant les juridictions, aussi bien coloniales que métropolitaines.

Par sa détermination Cheikh Mouhammadou Moustapha obtint la condamnation de Taillerie. Les travaux de la Grande Mosquée reprirent de plus belle et les Talibés continuèrent de rivaliser d’ardeur et de sacrifice pour la réussite de l’entreprise.

Le Vendredi 7 Juin 1963, jour de l’inauguration de la Grande Mosquée par Cheikh Mouhammadou Falilou le digne successeur de Cheikh Mouhammadou Moustapha, tous les cœurs, à l’unanimité, se sont souvenu, avec émotion, du premier Khalife de Khadimou Rassoul, disparu le 13 Juillet 1945, alors que l’édifice avait déjà pris forme : les fondations en étaient achevées et les murs avaient atteint la hauteur d’une terrasse. L’image d’un travailleur infatigable, d’un érudit possédant à la perfection les Sciences Coraniques et la langue arabe planait sur l’assistance.

L’on gardait encore en mémoire la célébration du Premier Magal après Serigne Touba dès 1928 (dans le sillage du Fondateur qui l’organisait lui-même), point de départ d’une tradition solidement établie de nos jours et qui est devenu l’un des événements les plus importants du monde musulman.

Où qu’on puisse poser le regard, aussi loin que porte la vue, tout évoque la puissante stature de Cheikh Mouhammadou Moustapha : c’est lui qui a fait de TOUBA la métropole religieuse, la ville sainte, la capitale du Mouridisme qu’elle est devenue et qui lui doit son premier forage qu’il fit installer à NDAME. C’est lui qui a crée chez les Mourides ce goût prononcé du travail, cette détermination à vivre honnêtement du fruit de son labeur et cette volonté de vivre en parfaite conformité avec les enseignements du Cheikh. Ce n’est pas hasard si, sous son impulsion, le Baol est devenu le principal producteur d’arachide. Lui-même a eu à être décoré de la Médaille du Mérite Agricole.

Malgré la Crise des années 1930 et les effets négatifs de la Seconde Guerre Mondiale sur l’économie en général, le terroir mouride est demeuré riche, prospère, irrémédiablement inscrit dans une logique de travail, de discipline et de ferveur religieuse, grâce à l’enseignement de Serigne Touba relayé par Cheikh Mouhammadou Moustapha. On se souvient que c’est lui que le Cheikh avait désigné pour remettre à l’Administration Coloniale la somme de 500 000 francs dans le but d’aider à relever la monnaie française menacée d’effondrement. Quel bel exemple de sagesse, de dépassement et de générosité à l’endroit d’un système qui pourtant, à l’égal d’un ennemi déterminé, s’est toujours évertué à nuire ou à porter préjudice à la Communauté et à son Guide.

L’on ne peut regarder le rail à Touba, l’on ne peut se recueillir dans la Sainte Mosquée, l’on ne peut traverser Darou Khoudoss le cœur de Touba sans évoquer cette grande figure de l’Islam Universel dont les jeunes générations ne connaissent à travers les photographies, qu’un visage empreint de bonté et de sérénité et tout baigné de la lumière de Serigne Touba à la tête enveloppé d’un turban, toutes choses qui corroborent les témoignages de ses contemporains le décrivant comme un travailleur infatigable, résolument détourné des mondanités, uniquement préoccupé des préceptes de l’Islam et entièrement dévoué à la mémoire de son Père. Il pilotait personnellement les travaux de la Grande Mosquée et n’hésitait pas, à l’occasion, à mettre la main à la pâte.

C’est cet homme réputé pour son équité, son sens de l’humain et qui ne faisait pas de différence entre le puissant et le pauvre que les talibés évoquent encore aujourd’hui en le désignant affectueusement et nostalgiquement sous les surnoms de Amdy ou de Ndiagne pour faire allusion à son abondante chevelure.

Nul doute que son œuvre est agréée et que son Père est satisfait de lui, tout autant que sa sainte descendance et ses vaillants frères qui, après lui, sur son exemple, ont porté haut le flambeau transmis par le fondateur.

Htcom.sn avec Dakaractu

Religion

L’œuvre de Cheikh Al Islam (BAYE) : De la naissance à l’instauration de la Fayda, le parcours d’un homme aux hautes stations spirituelles.

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Cheikh Al Islam

Quand on évoque son nom, on pense généralement à cette période à la laquelle, nombreux sont les jeunes qui tentent, par des moyens spirituels, de se défaire de certains comportements qui n’honorent guère l’homme.
Cheikh Al Islam, Elhadj Ibrahima Niass est celui qui a incarné au plus haut point et a porté très haut le drapeau de la connaissance intuitive (du Ma’Rifat) qui justifie la manifestation et notre présence ici-bas.

Naissance du Fils de Sokhna Astou Dianka

 

Taïba Niassène, le village mythique situé à une quarantaine de kilomètres, a vu naitre Baye Niass de son vrai nom Ibrahima Niass (forme longue) Cheikh Al Islam El Hadj Ibrahim est né le jeudi 15 rajab 1318 H correspondant au 8 novembre 1900 et est décédé le jeudi 17 Rajab 1395.

Le Cheikh est né de deux parents qui sont croyants, nobles, vertueux, endurants et cultivant  la crainte. Sa mère,  par ailleurs fille d’Ibrahim est d’une lignée noble. Son père, El Hadj Abdoulaye Niass, fils de Bakari, fils de Muhammad AL Amîn, fils de Samba fils de Ridâ était un détenteur d’un immense savoir et maîtrisait le Coran dont il fut un éminent exégète. 

D’ailleurs, il s’est occupé seul de l’éducation de tous ses enfants, gagnant ainsi le pari sur la volonté des autorités coloniales d’enseigner le français aux fils de marabouts afin de les bouter hors de la culture islamique. Cette règle est toutefois notée sur le parcours éducatif de Cheikh Ibrahim qui fut sans contestation le plus illustre d’eux.

Cheikh al-Islam El Hadji Ibrahima ibn Abd Allah at-Tidjani al-Khawlakhi était un des principaux leaders de l’ordre soufi tidjane en Afrique Occidentale. Il est aussi appelé par ses disciples sous le nom de Baye (père en wolof). Il est le fondateur de la branche Ibrahimiyyah de la Tidjaniyya dont les adhérents se désignent comme les gens de la “Faydhah Tidjaniyya”. 

Les non-adhérents appellent souvent ses disciples “Niassènes”qui signifie en wolof “ceux qui appartiennent à la famille Niasse «bien que ses disciples ne se reconnaissent pas comme tel. Après la mort de son père à Leona Niassène en 1922, son frère ainé Muhammad al-Khalifa devient calife. 

Mais grace à son charisme et à ses connaissances précoces, Ibrahim gagne de nombreux disciples, ce qui amènera des tensions entre ses talibés et ceux de son frère. En 1929, le jeune Ibrahim déclare que le prophète Muhammad (P.S.L.) lui a enseigné les secrets de la connaissance de Dieu et que quiconque souhaiterait les savoir devrait passer par lui. En 1930 après la prière de l’Aid El Fitr, une bataille a lieu entre ses talibés et ceux de son frère. C’est à ce moment qu’il sut qu’il devait s’exiler. 

Ce soir-là, il partit avec ses amis proches pour trouver un foyer. Le jour suivant, ils commencèrent à établir une nouvelle zawiyya à Médina Baye. En 1945, il retourna à sa maison paternelle, dans son village natal, pour reconstruire et réorganiser le village après qu’un incendie eut presque tout détruit. 

Son aura se répandit alors rapidement dans tout le pays et la plupart des disciples de son père se rallièrent à lui en dépit de son statut de benjamin de la famille. 

Plusieurs leaders de la tribu Idaw ‘Ali, tribu qui amena la Tidjaniyya en Afrique de l’Ouest, devinrent ses disciples y compris Chaykhani, Muhammad an-Nawi et Muhammad al-Misri. Dans les années 1940, après avoir rencontré l’émir de Kano à La Mecque, il gagna l’allégeance de prééminents leaders tidjanes du Nigeria. Il devint un leader écouté chez les Haoussas. Il obtint plus de talibés à l’extérieur qu’à l’intérieur du Sénégal. Après sa mort, la communauté fut dirigée par son disciple et gendre Aliou Cissé et son fils Abd Allah Ibrahim Niasse.

 

Cheikh Baye et ses écrits…

 

Le titre de « Hafitz » lui était tout bonnement attribué. Ceci est dû simplement à ce que Baye Niass mémorisa le Coran dès la tendre enfance. Il l’a étudié sous la direction de son père, le grand érudit El hadj Abdoulaye Niass. C’est ainsi qu’auprès de son père, Baye Niass recherchera le savoir et ses différentes branches qu’il maitrisait parfaitement.

Baye Niass fit sa formation religieuse entre Taïba Niassène et Kossy Mbiteyène, localités situées dans le département de Nioro du Rip. C’est ainsi qu’à l’âge de 20 ans, Baye Niass écrivit son premier livre intitulé “Rouhoul Adab”.

Après le décès de son père, en l’an 1340 de l’hégire, à l’âge de 76 ans (de l’année lunaire) alors qu’il n’avait que 20 ans, il n’étudia plus chez aucun maître.

Et pourtant la totalité des savants qu’il a croisés durant ses longs et riches périples ont proclamé l’excellence et la vastitude de son savoir plus qu’encyclopédique. Il commença l’exégèse du Coran avec une maîtrise et une originalité stupéfiantes. Il ajoutait dans ses séances plus que n’en disaient les livres des exégètes et se donnait l’ample liberté d’apporter des correctifs dans le sens des traductions habituelles.

 

L’avènement de la Fayda

 

Les enseignements de Cheikh Al Islam Baye Niass ont traversé les frontières et poussent des milliers de personnes à faire le déplacement lors de la commémoration du Gamou pour se recueillir au mausolée du maitre de la Fayda Tidiane.

En fin 1929-début 1930, alors que la crise économique qui venait d’éclater aux Etats-Unis, commençait à embrasser le reste de la planète, Baye Niass déclara à la face du monde qu’il était ce saint annoncé par Mawlana Cheikh Ahmed Tidiane, comme son propre héritier et le seul habilité à propager la fayda décrite par Aboul Abbas en ces termes : « l’effluve viendra avec un de mes disciples à tel point que les hommes entrent dans notre voie (tarîqa) par groupes, par peuples. Cette fayda adviendra à un moment où le monde éprouvera de grandes difficultés ». 

Selon Baye, «  la sagesse de l’apparition de cette Fayda à cette époque pervertie s’explique par la faiblesse de la foi dans le cœur des hommes et par la multitude des voies perverses et perdantes. Or cette communauté islamique est une communauté vénérable auprès de Dieu et alors fut ouverte et déversé vers eux, l’effluve des connaissances gnostiques et des vérités essentielles pour qu’ils retournent à la source de la foi naturelle.

Un Vendredi lendemain d’un Maoloud an Nabi, ou commémoration de la naissance du Prophète, Mouhamed Psl, vers 9heures, Ibrahima Abdallah Niass alors connu sous le pseudonyme d’Ibra Asta  déclara : « Que celui qui veut connaitre Allah et le çahiboul (détenteur)  fayda me suive, qu’il soit homme femme, jeune ou vieux ! Les assistants étaient comme interdits. N’ont-ils pas été informés de la mission secrète de Cheikh Abdallah Oud  Hadj El Alawi père de Mishri ? Après avoir testé le jeune Ibrahima alors âgé de 10 ans, le saint homme dit à El Hadj Abdallah : « Ton fils  n’a nullement besoin d’être parrainé par une créature, car Dieu le Très Haut  l’a élu ».

Il confia dès lors au jeune BAYE qu’« Une fayda te viendra entre les mains en vérité et sans aucun doute ; et si un autre prétend la détenir, ce ne sera là que mensonge ; mais tu verras à ton égard de la méchanceté telle qu’aucun de tes prédécesseurs n’en a jamais vu… .  Tu es le plus grand homme de la voie Tidiane de tous les temps ». Pour dire que le jeune garçon fut annoncé par Cheikh Ahmad Tidiane comme futur réformateur de la Tidianya. 

La fayda (ou inondation en arabe) est une expression métaphorique qui traduit l’adhésion massive d’hommes et de femmes à l’Islam et à la tarîqa Tidiane. Véritable mosaïques des peuples, les fidèles, rassemblés autour de leur maitre et nourris de la sève spirituelle, constitueront une famille unie dans la foi en Allah, toutes différences ethniques, culturelles ou sociales fondues dans l’unicité divine », lit-on dans le livre de Mouhamadou Mahdy Niass : « Baye Niasse le défenseur de l’Islam », tome 1, imprimerie Cheikh al Islam El Hadji Ibrahim Niass, page 30.

 

L’œuvre de l’élu

Il fut notamment le premier noir Africain à diriger la prière dans la prestigieuse mosquée d’al Azhar en Égypte, le grand savant Muhammad Al Ghazali lui demanda de faire les khutba, ce dernier fut stupéfait de l’ampleur du discours il en prit note et fit lui-même une grande conférence à partir de la Khutba de Cheikh Ibrahim, on demanda à Cheikh Ibrahim d’effectuer la semaine suivante le khutba et ce qu’il fit à quatre reprises. Les savants locaux furent fort intéressés par l’éloquence.

Baye Niass compte de nombreux disciples dans le monde entier de toutes les nationalités. On estime ses disciples autour de 130 millions aujourd’hui, soit près de 70 % des tidjanes à travers le monde.

Le Cheikh possédait aussi de très belles et nobles qualités, toutes marquées du sceau de la complétude lesquelles suscitaient l’attirance de tous ceux qui le connurent. Il entretenait des relations avec des personnes de nationalités diverses. Il ne proférait que les meilleures paroles et était d’une grande générosité. Il était véridique et son cœur pur était rempli de crainte pieuse. Il était magnanime et disait  «j’ai un regard pour le fils d’Adam par lequel il m’est impossible de le détester». Il était toujours occupé et ne connut jamais de moments de répit. Il n’était pas prisonnier du repos et de la paresse.

Cheikh ZAl Islam El Hadji Ibrahima NIASS mourut à Londres le 26 juillet 1975 à l’âge 75 ans et fut enterré dans l’enceinte de la mosquée de Médina Baye (Kaolack) qu’il a lui-même fait ériger et laissant ainsi un riche héritage tant dans le domaine social que spirituel.

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Politique

Gamou : le nouveau cadre de l’opposition à Tivaouane

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Ce sera un chassé-croisé entre Macky Sall et le nouveau cadre de l’opposition en gestation. D’après des sources de «L’As», après Macky Sall, Idrissa Seck, Malick Gakou, Pape Diop, Aguibou Soumaré et Madické Niang sont attendus ce matin à Tivaouane. Sur les pas du Président Macky Sall, ils seront reçus par le Khalife général des Tidianes et par le porte-parole de la famille Sy, avant de regagner Dakar dans l’après-midi. Pour rester dans le sillage des visites aux chefs religieux, il y a lieu de signaler que le Président Macky Sall est attendu à Médina Baye, vendredi prochain.

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Religion

Iba Der Thiam à la famIlle Ndiéguène de Thiès : « Je n’ai jamais dit qu’Ahmadou Barro était un disciple d’El Hadj Malick Sy »

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Ndiéguène

Le professeur Iba Der Thiam a pris part, ce week-end, à Thiès, au symposium organisé par le comité scientifique du comité d’organisation du Gamou de Keur Mame El Hadj Ahmadou Barro Ndiéguène de Thiès. Une occasion pour le coordonnateur de la commission chargée de réécrire «l’Histoire générale du Sénégal », de repréciser ses écrits et d’arrondir les angles avec ladite famille religieuse.

« Je n’ai jamais dit que Ahmadou Barro Ndiéguène  était un disciple d’El Hadj  Malick Sy. J’ai dit que les deux hommes de Dieu appartenaient à la même école, c’est-à-dire qu’ils se réclamaient de la même idéologie, qu’ils partageaient la même vision politique sur l’islam et sur la Tarikha Tidiane ». 

C’est en ces termes que le professeur Iba Der Thiam a corrigé le passage concernant l’histoire de la famille Ndiéguène dans la première partie de « l’histoire générale du Sénégal ».

En effet, après la publication du livre, la famille Ndiéguène avait manifesté toute son indignation. « Dans le texte que nous avons élaboré nous-même, à la page 238 du tome III, nous y avons tracé l’itinéraire de la famille Ndiéguène depuis l’époque de l’Arabie Saoudite et du Chérif Souleymane jusqu’au moment où il y’a eu la rencontre avec El Hadj Ahmadou Barro, en 1841 ». 

Il précise qu’en 1841, le pôle de Tivaouane n’existait pas encore parce qu’El Hadj Malick Sy ne naîtra qu’en 1953, donc, c’était 12 ans avant 1953 ». 

Pour dire selon lui, que « ceux qui ont traduit autrement ont fait un contresens qui a été utilisé par des gens qui ne comprennent pas le français et qui ont semé la confusion dans les esprits », a-t-il regretté.

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